De Amédine FAYE, Tambacounda
Jour ou lendemain de fête au Sénégal, les jeunes initient d’habitude des rencontres nocturnes. C’est le cas de ces adolescents trouvés dans un quartier de Tambacounda. Ils se bousculent devant la porte d’une maison que le propriétaire a bien voulu leur prêter, pour nourrir leur hystérie collective. « Soirée », « colsse », ou « colédéra », des appellations phonétiquement distinctes, mais qui ont la même finalité : l’envie de se défouler, de faire la fête.
A la porte comme à l’intérieur de la maison, le désordre est décrété. Inévitablement, le brouhaha s’y échappe allant jusqu’à infecter le calme des maisons environnantes. Devant ce « capharnaüm », le seul responsable lâche timidement : « laissez-les faire. Ce ne sont que des enfants ».
Le tapage nocturne persiste et devient plus qu’insupportable, la musique presqu’à fond. Elle est même audible à quatre ruelles d’ici.
Durant trois tours d’horloge, les jeunes fêtards dégainent sur du Cabo Love, du Rnb, du « Niger », du Mbalax, toutes leurs compétences non-certifiées en danse.
Tout le monde s’y met. Tout le monde cherche la « petite » pour la « coller ». Hormis quelques uns qui sont très occupés dans des discussions et des embrassades amoureuses.
A l’occasion de ces rencontres nocturnes où se mélangent population masculine et gent féminine, la liberté et l’insouciance orientent souvent les actions de ces adolescents. C’est l’occasion pour eux de découvrir l’interdit avec la complicité de leurs parents. Ces derniers sont absents des lieux pour activer les filtres, d’autant plus qu’ils ne prennent pas suffisamment conscience des conséquences de ces rencontres nocturnes, sur leur progéniture.
Loin d’avoir comme seule finalité le défoulement, ces rencontres entre jeunes de sexes opposés précipitent les adolescents dans l’adoption et la reproduction de comportements antisociaux. De ce fait, ils se dirigent progressivement vers l’alcoolisme, le tabagisme, la fornication, l’insolence du paraitre vestimentaire, la grossièreté verbale, etc.
Alors, faudrait-il être surpris, lorsqu’en 2017, un adolescent a à son actif plus d’une dizaine de relations amoureuses ? Chose presqu’inimaginable, jadis.

