La bonne entente entre les usagers de la route et les charretiers n’est pas pour si tôt. La principale raison réside dans les traces de passages des chevaux qui laissent derrière eux, leurs crottins au grand désarroi de la population.
Assis sous son grand camion genoux pliés, Halladj Ngom chauffeur, dès l’entame de ces propos déplore l’attitude de ces charretiers, « déjà, ils font des demi-tours sur la voie sans se soucier des accidents qui peuvent en découler. Il y a quelques jours un accident a eu lieu à cause de ce genre de comportement ». Avant d’ajouter « les crottins de chevaux sont un véritable danger pour les petites voitures. Lorsqu’elles roulent dessus, ces véhicules ont du mal à freiner ». 
Ressortissant de la ville de Guédiawaye, nous avons croisé Amadou César Coulibaly au quartier Mermoz. Il nous confie que dans sa commune, il y a plus de chevaux en circulation que de véhicules. Par rapport à leur présence sur les voies, il y a quelques jours il a été victime d’un incident qui lui a valu des égratignures sur son avant-bras droit. « Ce n’est pas normal. Les fers qui encadrent la charrette sont un danger. J’ai été blessé il y a quelques jours de cela par ces fers-là ».

C’est depuis 2002 qu’Ousmane Ngom est charretier. A l’entendre, les crottins de chevaux ne sont en aucun cas une gêne pour lui. « On n’a pas de solutions, ni de choix. Le fait que les chevaux se soulagent sur la voie ne me dérange pas du tout. C’est notre seul moyen de vivre».
Mohamed Diouf un autre cocher, 5 ans de métier n’est pas de cet avis. « Bien sûr que ça me dérange le fait de voir mon cheval laisser son crottin à même le sol, et surtout que c’est sur la voie publique ». Et comme solution il déclare, « c’est à l’Etat de trouver des solutions. Pour ma part je pense qu’on peut mettre un sac derrière le cheval pour ses besoins ».
Trouvé en bordure de route, un trousseau de clé à la main, Alpha Niang, un usager de la route reconnaît que les temps sont durs pour tout le monde avant de proposer une éventuelle solution. « Ce n’est pas bien cette façon de faire. Mais les temps sont durs pour nous tous. Toutefois, ils peuvent éviter de salir les rues. Par exemple si le charretier s’aperçoit que son cheval fait ses besoins, il peut se ranger sur le côté, mettre un carton ou un sac pour recueillir les déchets puis les emporter avec lui au lieu de salir la rue ».
Une autre solution réside dans l’aménagement d’un espace propre aux cochers, propose Alpha Ngom. « Il serait mieux d’allouer une rue bien spécifique pour ces charretiers avec les dispositions hygiéniques qui s’imposent ».
Amadou César Coulibaly est plus strict. « Il faut interdire à ces rouliers de circuler dans la ville. Ils doivent rester dans la banlieue ».
En dehors du fait de salir les rues de la capitale, les usagers de la route reprochent aux cochers leur maque de prudence, de savoir vivre et de professionnalisme face aux autres usagers de la route.

