Cela fait déjà dix jours que les habitants de Boké, dans le nord-ouest de la Guinée Conakry, protestent contre l’absence Electricité et d’eau. Des violences qui ont déjà fait deux morts et des dizaines de blessés. Des centaines de manifestants, en majorité des jeunes, ont incendié ce jeudi 21 septembre, des bâtiments publics dans la ville de Kolaboui près de Boké.
Les manifestants s’en sont pris aux symboles de l’Etat et aux symboles de l’activité minière. Des édifices publics comme la sous-préfecture, la mairie, ou encore le poste de gendarmerie ont été incendiés. Des attaques ont été menées contre des infrastructures militaires et des centres de santé. Dans un communiqué, le gouvernement s’est d’ailleurs dit « consterné » par ces « attaques d’une rare violence » qui constituent des « atteintes graves à la sécurité des personnes et des biens ».
Les manifestants s’en sont également pris à des infrastructures économiques, de transport notamment. Selon des témoignages recueillis par l’Agence France Presse, ils ont tenté de déboulonner les rails des trains transportant la bauxite exploitée dans la région par plusieurs sociétés minières. « Depuis 07H du matin, Kolaboui est en ébullition, a raconté Alphadio Barry, un chauffeur dont le camion est bloqué sur place depuis deux jours. Les jeunes armés de gourdins et de bâtons, certains de bidons d’essence, pillent, brûlent et même cassent tout sur leur passage. »
Si la contestation s’est étendue à Kolaboui, c’est parce que cette ville est un carrefour, un nœud routier et ferroviaire. C’est aussi là que se trouve le Centre industriel de la Compagnie des bauxites de Guinée. Les manifestants demandent le rétablissement de l’accès à l’électricité et à l’eau, des services de base qui leur manquent alors que les sociétés minières qui exploitent la zone, l’une des plus importantes réserves de bauxites au monde, ne connaissent pas les coupures de courant.
En l’espace de dix jours, les manifestations ont déjà fait au moins deux morts et des dizaines de blessés. Des violences dont l’origine remonte à une panne survenue début septembre, qui a coupé l’accès à l’électricité dans la ville. Les manifestants réclament également un raccordement à l’eau et des emplois plus nombreux.
Source : Jeune Afrique et Rfi Afrique.

