Un attentat-suicide a visé ce vendredi une mosquée chiite du centre de Kaboul faisant six (6) morts selon la police, confirmant les craintes de voir cette minorité d’Afghanistan de nouveau frappée en pleine période de célébrations religieuses. Toutes les victimes «sont des civils et des habitants du quartier» a précisé le chef-adjoint de la police de Kaboul, Sadeq Muradi.
«Un kamikaze à pied qui faisait mine de faire paître son mouton a déclenché sa charge avant d’atteindre sa cible, à 140 m environ de la mosquée chiite Hussainia» dans le quartier résidentiel de Qala-e-Fatullah, a indiqué à l’AFP le chef de la police le général Salim Almas qui a annoncé un bilan de « six morts et 16 blessés ».
Un suspect a été arrêté, a par ailleurs annoncé le porte-parole du ministère de l’Intérieur Najib Danish, avançant pour sa part un bilan de «cinq morts et 20 blessés».
L’ONG italienne Emergency, dont l’hôpital à Kaboul est spécialisé en chirurgie de guerre, a de son côté annoncé sur Twitter avoir reçu «dix-neuf blessés dont quatre enfants».
Les premières images montrent un corps au moins et des morceaux de corps humains devant des voitures et des vitrines dévastées, plusieurs moutons éventrés dans une rue jonchée de débris et une foule dense, en train de quitter la mosquée à l’issue de la grande prière du vendredi.
Selon Ali Sija, un commerçant riverain de la mosquée, l’une des principales mosquées chiites de la capitale, «le kamikaze a essayé de franchir le barrage dressé par des civils à 200 m environ de la mosquée Hussainia mais il a été repéré et a déclenché sa charge. Il voulait essayer d’arriver à la mosquée pendant que la prière était encore en cours» a estimé ce témoin.
L’acteur afghan Salim Shaheen se trouvait pour sa part à l’intérieur: « Nous étions en train de prier quand nous avons entendu un grand boum. Nous avons cessé la prière et nous sommes rués au-dehors; j’ai vu plusieurs corps et nous avons emmené quinze personnes à l’hôpital» a-t-il raconté à l’AFP.
La sécurité a été renforcée devant les lieux de prière chiites à Kaboul et des riverains, entraînés et armés, recrutés pour assister les forces de l’ordre: ce sont eux, semble-t-il, qui ont barré la route du kamikaze à Qala-e-Fatullah.

