L’on les aperçoit au loin. Leur odeur est partout. Ils font le décor de Dakar et ses environs. A deux jours de la fête de Tabaski, il n y a pas une très grande affluence dans les foirails. L’on a l’impression que les moutons ne se vendent pas. Pourtant, dans un daral de Ouakam, la plupart des moutons qui y sont, sont déjà payés. Les prix jugés exorbitants, ne semblent pas être un frein.
Vêtu d’un short noir, brandissant casquette et lunette de soleil, un bâton entre les mains, dégoulinant de sueur, le physique imposant, Serigne Mor, gérant des lieux conclut avec un client, un mouton de race à 500.000frs. « Plus de la moitié de nos moutons sont déjà écoulés, nous-renseigne-t-il. Nous avons misé sur des moutons d’élevage. Ils rapportent énormément. Ceux-là ne peuvent coûté moins de 200.000frs. Car, leur entretien nous a coûté cher. Si nous fixons leur prix à moindre coût, nous courons le risque de ne pas nous en sortir, » tente t-il d’expliquer.
Pour Serigne Mor, un prix à moindre coût équivaut à 150.000frs. Mais qu’est-ce-qu’ils sont nombreux, les sénégalais qui sont dans l’incapacité de se l’offrir. « Le plus cher d’entre eux s’élève à 1.500.000frs, poursuit-il. C’est le bélier ‘ »star », dit-il en pointant un superbe bélier blanc, grand, magistral, agitant ses cornes comme pour marquer son territoire. Il vaut son pesant d’or, dit-il en me fixant comme pour chercher mon approbation. Il y en a pour toutes les bourses, rassure-t-il. En tout cas, les prix vacillent entre 100.000 jusqu’au million. Moins de cela, il n’y en a pas »,tonne-t-il.
La cherté des moutons, s’ajoutant au multitude de dépenses font de la tabaski, sans doute la fête qui crée le plus de querelles familiales. Le couple Ndiaye a arraché des fous rires à tous ceux présents dans ce lieu. Monsieur a choisi un mouton noir et blanc, de taille moyenne d’une valeur de 140.000frs. Son épouse, à la vue du beau bélier d’à côté s’est retournée en s’écriant : « C’est celui-ci que je veux, » les yeux brillant, excitée tel un enfant. Voyant les regards posés sur lui, le mari a cédé à ce souhait d’un coût de 300.000frs.

