De Alioune Badara SALL, Rufisque
Les dernières pluies enregistrées dans la région de Dakar n’ont pas été sans conséquence dans le département de Rufiisque. La vieille ville souffre encore de l’hivernage, qui vient juste de commencer.
En effet, dans plusieurs quartiers, c’est le désarroi et la consternation qui se lisent sur le visage des habitants, impuissants face aux dégâts causés par la pluie du Samedi 08 Juillet.
Ce sont pour la plupart des routes impraticables et des maisons inondées.
Au quartier Guendel 3, où nous nous sommes rendus, c’est une famille Cissé au bord des larmes que nous avons rencontrée. Ne sachant plus quoi faire de la situation dans laquelle elle se trouve , la mère de famille nous confie que les autorités se sont une fois présentées chez eux et leur avaient promis une aide.
Depuis lors, rien n’est fait. « C’est la première fois que cela nous arrive », ajoute-t-elle avec un air triste. En vérité, nous fait savoir une de leurs voisins, presque toutes les maisons étaient inondées à Guendel. Et ce, à cause des travaux du Train Express Régional, occasionnant le rétrécissement du canal, qui devait permettre l’évacuation des eaux de pluies et celles usées vers la mer. Aujourd’hui, eaux usées et eaux de pluies sont mélangées les exposant à toute sorte de maladies.
Ils font tout dans l’eau. « Nous vivons dans des conditions difficiles. Le chef de famille est à l’intérieur, il est malade, il a un AVC. La nuit, il se couche sur le divan parce que le lit se trouve dans les eaux », nous confie-t-elle. A notre passage vers les coups de douze heures, notre interlocutrice n’avait pas encore commencé à cuisiner à cause des eaux qui occupent tous les espaces dans la maison qui menace déjà ruine. Une partie de la dalle a cédé. Les chambres, le salon, la cuisine, l’eau est partout dans la maison. En plus des travaux du TER, la nappe phréatique est tellement proche que l’eau revient en surface.
Ailleurs, au quartier Diamagueune, même cas de figure. C’est une femme qui nous sert de guide. Première étape : la famille Diawara. Ici, la cour de la maison est occupée d’une part par les eaux de pluie, d’autre part par des couches vertes laissées par l’eau stagnante. Pour entrer dans la maison et même dans les chambres, il faut marcher sur des briques en ciment sinon tu es obligé de patauger.
Pour palier à d’éventuelles inondations, ils ont du carreler les chambres. Malgré tout, ils n’ont pas échappé à la férue des eaux. Selon les habitants, le problème principal est la fermeture du canal.
Conséquence, il est impossible de curer ce canal rempli d’ordures par où l’eau ne passe plus. A défaut, elle se déverse dans les maisons occasionnant des cas d’inondations. « On ne veut même pas recevoir des invités ici. Si on a des cérémonies, l’organisation nous pose problème. Le matin, si les hommes vont au travail, c’est nous les femmes qui creusons pour faire sortir l’eau. Et c’est très difficile ». Dans la même famille Diawara, la chambre d’un des garçons, candidat au Bac, est remplie d’eau. A l’entrée, une mauvaise odeur s’y dégage à cause de l’eau qui a fini d’en être la pensionnaire.
La visite continue, nous empruntons une petite voie entre les maisons. L’eau avait déjà tracé son chemin et y dicte sa loi. Il est très difficile de passer par ce chemin, tu es obligé de rebrousser chemin car de la boue s’est formée un peu plus loin.
Dans ce quartier, certaines familles ont tout bonnement abandonné leurs maisons, après avoir remblayé plusieurs fois en vain.
Madame Fatou Traoré est conseillère municipale et habitante du quartier, elle se désole de cette situation et dit en être victime au même titre que les autres. « L’autre jour, un jeune faisait passer les gens à 3OOf, tellement, il y-avait beaucoup d’eau », ajoute-t-elle. On attendait une solution à ce problème et voilà que le TER vient en rajouter. La nuit, ces habitants ne dormaient plus du sommeil du juste.
La Direction des Services Techniques (DST) dégage toute responsabilité dans ces dégâts causés par le projet du TER, Adama Niang dit que le service qu’il dirige n’a jamais été impliqué dans ce projet. Ajoutant que c’est à l’initiative de l’Etat à travers l’APIX et contre lequel ils ne peuvent rien faire pour soulager les populations victimes des inondations.
Pour l’heure, désemparés, les habitants ne savent plus à quel saint se fier, et en appelle à l’aide des autorités.
Dans les quartiers de Dangou, Diamagueune, Guendel 3, Darou Salam et autres, la pluie n’est vraiment pas la bienvenue !






