De Youssouf DIMMA, Ziguinchor
L’annulation ce mercredi 05 Juillet de l’épreuve de Français au baccalauréat n’a pas laissé indifférents les candidats de la région de Ziguinchor. C’est notamment le cas dans chacun des trois départements que sont Ziguinchor, Oussouye et Bignona. Tous les candidats interrogés demandent systématiquement « le limogeage » ou « la démission » du directeur de l’office du Bac.
Ismaila Kandé, candidat dans un centre du département de Ziguinchor, a d’abord déploré le fait que les candidats se soient« décarcassés pendant plusieurs mois pour préparer correctement le Bac (et qu’on leur dise) de sortir de la salle parce que l’épreuve de Français est annulée pour cause de fuite intervenue je ne sais où ».
Ce candidat a déploré « la légèreté dont les responsables de l’office du bac ont fait montre au point que des personnes mal intentionnées vendent des épreuves et du coup fassent du mal à des milliers d’innocents ».
Pour Ismaila Kandé, « c’est la preuve que notre pays est corrompu, ni plus ni moins ».Et de conclure : « je pense que la première sanction devra être la suspension puis le limogeage du directeur de l’office du bac, avant même l’ouverture des enquêtes ».
Maimouna Kane, une des candidates interrogées à Bignona, 30 kilomètres au nord de Ziguinchor, « déplore le fait que le Sénégal ne puisse pas dépasser ce qui se faisait en termes de fraude depuis plus de trente ans ». Pour elle, « le 21ème siècle est le siècle du cryptage des données quelles qu’elles soient ; alors pourquoi notre pays ne se donne-t-il pas les moyens de bien sécuriser ses données dont dépend l’avenir de toute une génération de futurs cadres ».
Mlle Kane préconise que « les responsabilités soient situées au plus vite, mais que d’abord le directeur de l’office du bac soit démis de ses fonctions parce qu’il ne peut pas échapper à la sanction ».
Jean Diatta, candidat dans le département d’Oussouye, embouche la même trompette. Selon lui, « nous avons eu la chance, cette année, d’étudier sans aucun problème. Nous avions vraiment l’espoir d’avoir un diplôme qui ne soit entaché d’aucun mouvement de grève, voilà que des fraudeurs nous gâchent notre réputation ».
Ce candidat qui déclare n’attendre « que d’obtenir le bac pour poursuivre ses études en Europe chez des correspondants Français », ajoute ne pas pardonner « la négligence des autorités de l’office du Bac ». Selon lui, ces derniers « doivent tous démissionner, à commencer par le directeur ; s’ils refusent de démissionner, on doit les remercier et les remplacer par d’autres agents ».

