Par Papa Atou DIAW Jr
La forêt nourricière, c’est le nom qu’on pourrait donner à la forêt classée de Mbao. Coincée entre la commune de Mbao et celle de Keur Massar, elle est la source de revenus de citadins qui peinaient à joindre les deux bouts. Une aubaine qui permet aux actuels occupants de vivre à la sueur de leur front.
Sur l’un des versants du toboggan qui enjambe l’autoroute, une sexagénaire est occupée à arroser ses cultures, son petit jardin est situé en bordure de l’autoroute à péage. Elle se nomme Thiané Diop et est membre de groupement de femmes qui détient 26 parcelles ici. Elle porte sur ses frêles épaules l’espoir de toute une famille. L’argent qu’elle tire de la vente de ses fruits et légumes permettent de nourrir sa famille. « La vente de bouquets de menthe me rapportent 3000 francs par jour, j’en prélève une somme pour la dépense quotidienne et j’achète l’essence pour la pompe d’arrosage » affirme Thiané Diop toute émue, après un court silence, elle nous confie que son mari est tétraplégique depuis 4 ans et qu’elle est la seule à prendre en charge ses enfants.
Les femmes qui gèrent les autres jardins sont appuyées sur le plan technique par Mamadou Diouf, un maraicher expérimenté il fait partie des déguerpis de l’autoroute à péage. Il leur montre les techniques de maraichage et s’occupe de l’entretien de la pompe.
Les récoltes des produits de la forêt classée de Mbao s’élèvent jusqu’à près de 6 millions de Francs CFA par an. Différentes variétés y sont cultivées : des feuilles de menthe, des bananes, du citron….

« La forêt classée n’est pas destinée au maraichage… »
Ainsi la forêt classée de Mbao permet à des familles de subvenir à leur besoin. Mais ceci ne serait pas son objectif premier. Selon le service des eaux et forêts, elle a été aménagée pour être protégée et permettre à la capitale de mieux respirer.
« La forêt classée n’est pas destinée au maraîchage, cependant, si elle peut aider des familles à subvenir à leur besoin, nous n’y voyons aucun inconvénient » nous informe Oumou Khaïry Traoré chargée du plan d’aménagement de la forêt classée. Les maraichers qui sont dans la forêt classée de Mbao ne paie pas de location mais doivent remplir un certain nombre de critères avant de commencer leurs activités. Il suffit de déposer une demande auprès des membres de comité de surveillance qui l’examine en collaboration avec le service des Eaux et forêts. Ils bénéficient ainsi de l’appui du service des aménagements des eaux et forêts. Il est par contre interdit d’y couper les arbres.
Contrairement au GIE de Thiané Diop, Abou Djigo lui n’a pas suivi cette procédure. Contraint de quitter son ancien jardin situé à Malika, aujourd’hui il fait du maraîchage dans la forêt de Mbao grâce à un de ses amis. C’est la raison pour laquelle il ne bénéficie pas de l’appui du service des eaux et forêts. Il a lui-même creusé le puits de fortune qui lui permet d’arroser ses plantes. C’est un grand trou béant au milieu de son jardin d’une profondeur d’environ 3 mètres.
Les maraîchers sont souvent victimes de vol surtout la nuit. Le recrutement de 3 nouveaux gardes forestiers est insuffisant pour surveiller les 700 hectares de la forêt. Les maraichers espèrent tout de même que le service des Eaux et forêts remédiera à cette situation.

