De Alioune Badara SALL, Kédougou
Ce village de quelques petites concessions est niché au beau milieu de la brousse. On se demanderait comment pourrait-on vivre ici ? Distant de 126 km de Kédougou, sur une longue piste, il est à 9 km de Bakel, et à une vingtaine du Mali. Le village est habité par des malinkés en majorité et par quelques étrangers. Une cohabitation souvent heurtée par des comportements différents découlant d’origines parfois d’histoires différentes. Mais, ce village est un endroit où règne la quiétude, sans pollution sonore. Cependant, à Dialakhotoba, il n’y-a ni électricité pis le réseau de communication fait défaut. Pour communiquer, il faut repérer des points précis à partir d’où on peut émettre et recevoir des appels. C’est d’ailleurs le point de rencontre des habitants à certaines heures. Selon les enseignants en service dans le village, pour appeler, il faut monter sur des plaines pour capter le réseau. La connexion Internet n’en parlons même pas. Souvent, c’est le réseau d’un opérateur malien qu’on capte mais qui ne servira à rien. Le transport aussi pose problème. A défaut d’un moyen de transport comme la moto, très usitée, il faut passer la nuit à Bransan à une dizaine de kilomètres de là pour prendre les véhicules devant se rendre à kédougou très tôt le matin. Sinon, vous êtes obligés d’attendre le lendemain.
Dialakhotoba compte une école élémentaire de deux classes avec deux enseignants dont l’un tient une classe multigrade, c’est à dire qu’il a deux cours dans une même classe. Les élèves qui réussissent leur examen d’entrée en sixième au CM2 sont obligés d’aller dans les autres villages comme Sabadola pour poursuivre leurs études au collège.
Conséquence, plusieurs cas d’abandons sont notés surtout chez les filles obligées d’arrêter leurs études pour se marier très jeunes. Le mariage précoce n’est pas prohibé ici. Beaucoup de jeunes filles deviennent mères de famille ou mères célibataires hypothéquant leur chance de réussite dans les études. Et pourtant, très jeunes, il y en a qui sont brillantes.
L’agriculture et l’orpaillage sont les principales activités des villageois de Dialakhotoba. Ils vivent de la terre et des ressources du sous-sol comme l’or. L’arachide et le mais sont transformés pour préparer leur repas. Parmi leurs activités, il y a aussi l’élevage de moutons et de vaches qui sont la richesse de ces populations. La santé est très importante. C’est pourquoi, une case de santé permet aux habitants de suivre leur état de santé et de recevoir les premiers soins en cas de besoin. Monsieur Ndiaye qui en est l’Infirmier Chef de Poste est très connu dans le village. Il y sert depuis 11 ans maintenant. Très éloigné, le village de Dialakhotoba est, contrairement à certains villages, facile d’accès. Seulement, ces habitants souhaitent une amélioration de leurs conditions de vie notamment l’accès à l’eau potable et un réseau de communication normal. A notre passage à Dialakhotoba, nous avons noté une affluence autour du forage qui se trouve dans l’école, le seul du village.

