L’université Cheikh Anta Diop a abrité ce mercredi 24 Mai, une conférence mondiale sur la cryptographie dénommée AfricaCrypt 2017. Le Sénégal accueille pour la deuxième fois AfricaCrypt qui est organisé depuis 2007 dans plusieurs pays africains. Elle vise notamment à motiver les étudiants sénégalais à s’intéresser à la cryptographie.
Depuis son avènement en 2001 au Sénégal, la cryptographie fait son petit bonhomme de chemin. Notre pays accueille des étudiants de la sous-région qui viennent y effectuer leurs travaux de thèse. Le Sénégal et l’Afrique du Sud sont « les deux pays au Sud du Sahara à disposer d’une équipe de recherche en cryptographie » informe Djiby Sow, professeur de cryptographie et de mathématiques. Mais il sollicite l’appui de l’Etat car selon lui la recherche et la formation de haut niveau coûte excessivement chères.
« La cryptographie est un domaine très sensible qui permet de sécuriser l’économie d’un pays » dixit Abderrahmane Nitaj de l’université de Caen en France également venu assister à la conférence. La cryptographie permet par ailleurs de sécuriser les données personnelles des utilisateurs de matériels électroniques surtout dans ce contexte de l’essor du commerce électronique. La protection des données personnelles alimente actuellement le débat dans l’opinion internationale en raison de l’utilisation massive des réseaux sociaux par les internautes.
Le réseau social telegram utilise le bout-à-bout pour protéger les données de ses utilisateurs, whatsapp lui a également emboîté le pas. Selon Pr Johannes Buchmann professeur d’informatique et de mathématique à l’Université de Technische Univerität Darmstadt, « le bout-à-bout est une bonne cryptographie qui protège les données des utilisateurs seulement ils rendent la tâche difficile aux forces de l’ordre qui ne peuvent pas écouter le message véhiculé ». En effet, telegram est le réseau social le plus prisé par les terroristes de l’Etat Islamique.
Pour se préparer à d’éventuelles cyberattaques, le Sénégal devrait, selon le professeur de cryptologie Djiby Sow, se doter d’une agence nationale de cyber sécurité. Cette agence permettra à l’Etat de se préparer à des attaques comme la récente ransonware.

