De Youssouf DIMMA correspondant de Teranganews à Ziguinchor
Plusieurs femmes habitant à Toubacouta, localité située à neuf (9) kilomètres au sud-ouest de Ziguinchor, dans la commune Nyassia, dont celles des détenus dans le cadre de l’enquête sur la tuerie de Boffa Bayote, le 6 janvier 2018, se sont rassemblées toute la journée du 24 juin 2021 dans un bois sacré de leur village, » pour faire des prières et faire libérer » leurs époux.
Interrogée, l’une d’elles, Ramatoulaye Sané, tout de noir vêtue comme d’ailleurs la plupart des autres femmes, a déclaré ceci : » nous sommes venues sur cette place pour faire des prières afin d’obtenir la libération de nos époux et des autres détenus originaires de notre village. Nous estimons qu’ils n’ont absolument rien à voir dans cette affaire de tuerie perpétrée sur des exploitants forestiers. On les a gardés en prison depuis maintenant plus de 3 ans alors qu’ils sont innocents ».
L’autre femme, Diarra Sané, par ailleurs fille du défunt chef de village de Toubacouta, Seyni Sané, décédé alors qu’il était en situation de détention préventive, a ajouté »s’il n’y avait pas de décès dans le village, nos propres parents allaient faire partie des victimes de cette tuerie. En effet, c’est à cause du décès que nos parents ne se sont pas rendus en brousse chercher de quoi nourrir leurs familles puisque tout le monde sait que nous exploitons les produits forestiers pour vivre comme c’est le cas dans tous les villages ».
» Nous réclamons la libération immédiate de nos maris car nous sommes toutes fatiguées de vivre et de nourrir seules nos enfants, de les soigner, de prendre en charge leur scolarité sans la moindre ressource » a insisté Ramatoulaye Sané.
Le 6 janvier 2018, des hommes armés ont retenu une quinzaine d’exploitants forestiers dans la forêt du Bayote Est qu’ils ont froidement abattus.
L’enquête ouverte a abouti à l’arrestation de plusieurs personnes, certaines ont été remises en liberté et vingt quatre ont été placées en détention préventive. Elles attendent d’être jugées.

