La journée internationale de lutte contre le SIDA est célébrée cette année dans un contexte de Covid-19, une opportunité pour la mise en place de stratégies visant à atteindre les 90-90-90 fin 2020.
« L’accès au dépistage reste un défi pour l’atteinte de l’objectif des « trois 90″ en matière de lutte contre le Sida, à savoir dépister 90% des personnes infectées, d’en placer 90% sous traitement anti-rétroviral et rendre indétectable la charge virale chez 90% de ces personnes », a fait savoir la secrétaire exécutive du Conseil national de lutte contre le Sida (CNLS). Même si en fin 2019, 81% sont dépistés, 87% de ces personnes sont sous traitement et 81% ont vu leur charge virale indétectable, selon la secrétaire exécutive du Conseil national de lutte contre le Sida.
Selon Dr Safiétou Thiam, » cette situation s’explique par le fait que 19% des personnes infectées ne connaissent pas leur statut sérologique. Ajoutant qu’il faut développer des stratégies particulières pour combler ce gap et espérer atteindre l’élimination de la maladie en 2030″.
« Au Sénégal, les estimations font état de « 41 000 personnes qui vivent avec le VIH dont 81% de personnes dépistées et sous traitement, le reste est difficile à trouver puisque étant une population très cachée dont la plupart sont des hommes et des enfants », a-t-elle révélé à l’Agence de presse sénégalaise.
« Nous allons mesurer en fin 2020 et espérons pouvoir atteindre les deux derniers 90, à savoir le traitement et la non transmission », a indiqué Mme Thiam, selon qui pour le dépistage, le premier des trois 90, « ce sera plus difficile à atteindre, d’où le lancement de la Semaine internationale de dépistage ».
Revenant sur les engagements de la communauté internationale, Dr Safiétou Thiam de rappeler qu’ « en 2016, la communauté internationale s’était engagée pour l’élimination du Vih/Sida en 2030 mais des objectifs intermédiaires avaient été fixés pour 2020 par l’organisation des Nations unies pour la lutte contre le Sida (ONU/SIDA) ».
Dans chaque pays, il fallait faire en sorte que 90% des personnes vivant avec le VIH soient dépistées, 90% des personnes dépistées mises sous ARV et 90% mises sous traitement devaient avoir leur charge virale indétectable pour ne plus transmettre la maladie.
« Il nous faudra certainement plus d’innovations pour prendre en compte toutes les cibles, lever les obstacles et accélérer la prévention des nouvelles infections.
De l’avis de la secrétaire exécutive du CNLS, « la tâche ne sera pas facile puisque la Covid-19 qui sévit depuis presque un an a creusé les inégalités en santé et augmenté les inégalités » de manière générale, à dit Safiétou Thiam.
Elle a fait état du travail en cours avec les partenaires mais également avec la Division de la lutte contre le Sida du ministère de la Santé et de l’Action sociale, pour rendre disponibles les autotests salivaires pour le dépistage du VIH/SIDA dans le service public mais aussi dans les officines privés
Selon la secrétaire exécutive du CNLS, « il faut une bonne campagne de communication mais également un accompagnement des communautés pour arriver à cet objectif ».
Le thème de cette 32éme édition est : « Solidarité mondiale et responsabilité partagée ».

