De Thierno Baye Diéne correspondant Teranganews à Matam
La décision d’Idrissa Seck d’accepter la présidence du conseil économique social et environnemental (CESE) est une pilule qui a du mal à passer pour la coordination de REWMI de Matam commune. Son coordinateur Demba Dème très marqué a fait une sortie publique pour se démarquer du choix de l’ex PM d’accepter la main tendue de Macky Sall. La cassure est inévitable entre REWMI et ses rares militants de la région de Matam.
La nomination de l’ancien premier ministre à la tête du CESE a pris de court les militants du parti REWMI de la commune de Matam. et le moins que l’on puisse dire est qu’elle a suscité une frustration manifeste de ses responsables locaux. Demba Dème responsable du parti REWMI se désolidarise de leader qui a suscité en lui un sentiment de dépit. « Je voudrais porter à l’attention de l’opinion la surprise et le sentiment de dépit qui m’habite depuis la nomination de Idrissa Seck au CESE. Je dois préciser que c’est à travers la presse que j’ai appris la nouvelle. Je suis surpris et peiné car je pense qu’une décision importante comme celle-ci devrait faire l’objet de concertation avec la base. » Martèle celui qui a porté les couleurs orange dans le bastion de l’APR lors de la dernière présidentielle.
La dissolution du gouvernement accompagnée du limogeage de Aminata Touré avait suscité beaucoup d’interrogations sur les intentions du chef de l’Etat. Mais les rewmistes de Matam n’avaient rien vu venir et la nomination au poste de ministre de Yakhoba Diattara et de Aly Saleh Diop a été interprétée comme un « deal » entre leur leader et Macky Sall. « C’est Monsieur Idrissa Seck qui, lui-même a dit que juste après l’élection, il avait commencé à négocier avec le président de la république, donc c’est une décision prise avec lucidité. Mais c’est une décision qu’il a prise de manière unilatérale sans consulter sa base, en tout cas la base lointaine. Il a surement consulté sa base immédiate. Mais je dois lui rappeler que les résultats probants qu’il a eus lors de l’élection présidentielle n’est pas le fruit du seul travail de sa base immédiate, c’est surtout celui de la base lointaine. » Déclare-t-il dans un ton qui a contenait mal la frustration.
En fin de compte, le choix de collaborer avec le régime s’avère impardonnable : « je me désolidarise de cette décision de rejoindre le président Macky Sall dans sa politique. Je ne pas d’accord, c’est un paradoxe parce que c’est lui-même dans le passé qui se mettait à fustiger, à montrer son désaccord par rapport à la création de cette institution. Donc aujourd’hui, je vois mal qu’il accepterait de venir présider cette institution qui pour moi n’a pas changé, a gardé la même forme. Je crains pour le parti REWMI car à l’instar de notre coordination, il y a d’autres militants frustrés dans la région et même au niveau national. Je suis formel, je ne suivrai pas le président Idrissa Seck dans sa collaboration avec Macky. « conclut-il.
La coalition Idy qui était l’une des rares formations à réussir à mobiliser des foules lors de l’élection présidentielle de 2019 risque de voler en éclats avec la frustration affichée par les responsables. Cette défection dans les rangs de REWMI risque de faire les affaires du parti PASTEF dont les responsables sont déjà à l’affut pour accueillir dans leur rang les frustrés du compagnonnage Macky-Idy.

