De Ibrahima Diame correspondant Teranganews à Kaolack
La Journée Internationale de la Femme Rurale a été célébrée jeudi 15 Octobre dans un village enclavé au cœur du Bassin arachidier. Une occasion pour les femmes rurales de déplorer à nouveau les difficultés d’accès de la Femme à terre pour cultiver et le coût élevé de la location des lopins de terre.
Selon Ndiougue Mbaye, présidente de la Fédération Nationale des Femmes rurales qui se fait l’avocate de ces dernières pour défendre leurs intérêts, les femmes louent la terre à des prix très exorbitants, les coûts varient entre 50 et 75 mille Fcfa l’hectare. Moi même qui vous parle, déplore t-elle on m’a loué cette année un hectare à 55 mille Fcfa, c’est très solide, et si j’avais pas de semences subventionnées par l’État je n’aurai jamais pu cultiver durant cette campagne, et c’est le cas pour toutes ces femmes que vous voyez ici, poursuit-elle.
La présidente de la Fédération des Femmes du Monde Rural recommande à nouveau la tenue des Assises Nationales du Foncier et de l’Agriculture pour diagnostiquer toutes les difficultés liées au foncier, injustice, litiges, accaparement de terres et les détournements et magouilles dénoncés l’année dernière dans la distribution des semences.
La Cicodev de son côté, Institut panafricain pour la citoyenneté, les Consommateurs et le Développement, qui a soutenu les Femmes dans l’organisation de cette Journée en plein monde rural dans le Bassin arachidier, au village enclavé de Thiamen Taba, dans la commune de Keur Socé, estime que c’est une injustice et une violation des directives de l’Union Africaine qui a indiqué que 30% des terres aménagées dans tout pays membre de l’Union doivent revenir aux Femmes.
Le Directeur Exécutif de la Cocidev Amadou Kanouté qui tenu un panel pour renseigner les Femmes sur leurs droits à l’accès au foncier, demande par ailleurs au chef de l’État, Macky Sall, de faire appliquer les conclusions de la Commission de la Réforme foncière qui, de son point de vue permettront de résoudre les problèmes liés au foncier de façon générale.
Pour rappel au Sénégal, une réforme constitutionnelle et des législations ont été adoptées pour garantir l’égalité des droits des hommes et des femmes en matière de tenure foncière. L’article 15 de la Constitution adoptée en 2001, garantit aussi bien à l’homme qu’à la femme le droit à la propriété.

