De Thierno Baye Diéne correspondant TerangaNews à Matam
Apres plusieurs mois de mal-être et de frustrations, les ouvriers délogés de la ville d’Ourossogui ont décidé de hausser le ton pour exiger la fin des sempiternels déguerpissements dont ils font l’objet. S’estimant les parents pauvres du système, ils réclament sans délai le site de recasement qui leur avait été promis par les autorités locales.
Les routes principales de la ville d’Ourossogui présentent désormais un visage beaucoup plus reluisant. Elles sont dégagées et désencombrées depuis quelques mois au grand bonheur des habitants qui n’en demandaient pas moins. Un changement de décor qui s’est réalisé au détriment de la niche d’ateliers déguerpie par les autorités locales conformément aux directives du chef de l’Etat. Ces ouvriers délogés, regroupés autour d’une association, ont décidé de briser le silence afin de se faire entendre au plus haut sommet « c’est au chef de l’Etat que nous adressons notre cri de détresse et non à un quelconque ministre ou délégataire de pouvoir » précisent-t-ils d’entrée.
Les autorités municipales sous l’égide de l’exécutif régional ont diligenté la lutte contre l’occupation anarchique de la voie publique.Une mesure qui ne serait pas foncièrement désapprouvée par les ouvriers lesquels exigent toutefois plus de considération. Malick Cissé tôlier de son état et porte-parole du jour décrit sans détour la situation de ses camarades à Ourossogui « les ouvriers ne sont pas respectés au Sénégal, ceux de Ourossogui sont encore les moins bien traités. Nos ateliers ont été délogés il y a de cela 4 mois, nos collègues qui étaient près du camp militaire avaient été aussi déguerpis bien avant nous. Nos maitres, qui nous ont initiés aux différents métiers, avaient été délogés vers les années 2004. Cela montre un manque notoire de considération à l’égard des ouvriers que nous sommes. Nous n’en pouvons plus d’être constamment déguerpis et nous exigeons que cela cesse. » Martèle-t-il sous les applaudissements de ses pairs.
« A chaque fois que nous avons été déguerpis, nous nous sommes installés dans une propriété privée ou dans un autre endroit sur la voie publique avant d’être à nouveau invités à déménager. Aujourd’hui, il y a des pères de famille qui sont en chômage car ils n’ont plus d’atelier. Les autorités nous ont promis un site de recasement mais on est toujours dans l’attente. Nous sommes patients mais nous sommes bien capables de nous faire entendre avec la manière la plus véhémente. Ce point de presse est juste une alerte pour dire à l’autorité notre patience a des limites » menaça-t-il avant d’entrer dans les péripéties qui ont soumis leur patience à de rudes épreuves en cette période de crise sanitaire.
En effet, avec l’aide d’urgence alimentaire distribuées aux impactés de la Covid-19, les ouvriers soutiennent avoir été snobés alors qu’ils seraient les plus durement touchés par les conséquences de la pandémie « avec le plan de résilience de l’Etat, tous les secteurs ont été appuyés. Ici à Ourossogui, aucun ouvrier n’a reçu les kits alimentaires alors que tout le monde sait que nous souffrons économiquement, fait-il constater avant de préciser nous les ouvriers, nous faisons partie de la société comme les autres travailleurs. Il n’est pas normal d’aider toutes les couches et de nous laisser en rade. Mais tout cela c’est à cause de la chambre de métier de Matam qui n’a pas joué le rôle qui est le sien.
Cette chambre ne assiste jamais d’ailleurs nous, ouvriers de Ourossogui, nous nous demandons à quoi sert-elle. Notre président s’était rendu la bas pendant la période de riposte contre la covid-19, on ne lui a remis que quelques masques. C’est une insulte à notre corporation au vu de notre effectif » déplore-t-il

