Après une tentative avortée, les élèves en classe d’examen ont repris le chemin qui mène vers les tables bancs.
Cela faisait longtemps que les bruits des élèves du lycée Delafosse ne se sont pas mêlés à l’ambiance du quartier de la Gueule-Tapée. Ils ont même manqués aux habitants de ce secteur. « Cela faisait longtemps, lance-la vendeuse de petit-déjeuner tout sourire, à un groupe d’élèves regroupés devant son étal ». La mesure première de protection qu’est le port du masque est respectée chez beaucoup. Seule la distance préconisée fait défaut.
La motivation dans les chaussures pour certains
Visiblement plus heureux de se retrouver entre camarades de classe, des élèves de la Terminale squattant l’arrêt du bus se perdent dans une discussion des plus bruyantes. Ndeye Khady Tall, Rokia Malamine Diawara, Khadidiatou Sarr, Ndeye Fall se battront cette année pour l’obtention de leur Bac. « Oui les cours ont repris normalement, du moins, pour le moment. Nous sommes arrivées un peu retard ce qui fait que nous avons raté le premier cours mais c’est un cours de maths », dit-elle en se marrant. « En fait, comme on nous a fait poiroter lors du précédent rendez-vous avec l’école, nous pensions que celà aurait été le cas encore une fois. C’est pourquoi, de ma part, je me suis réveillée, fais ma toilette, pris mon déjeuner sans pression avant de venir. Mais c’est sûr que ce sera la dernière fois parce qu’avec ce que je vois, les cours ont bel et bien repris », dit-Rokia Malamine Diawara.
Plus loin, en sortant de ce quartier, des jeunes hommes, visiblement eux aussi élèves au lycée Maurice Delafosse grâce à leur uniforme à l’effigie de l’établissement publique remontent pour le rejoindre. Discutant de tout sauf des cours, ils renseignent aller chercher de quoi manger avant l’heure de leur cours d’histoire et géographie. « Nous sommes de la terminale S2″, dit-Ndongo Diouf. A la question de savoir ce qu’ils pensent de la décision du ministre par rapport au contexte actuel, Ndongo Diouf avance : « il est vrai que la situation actuelle est un problème mais je trouve que le gouvernement fait bien. Nous ne devons nous laisser déstabiliser par cette maladie d’autant plus que nous n’avons aucune idée de quand elle s’en ira. Par contre, nous savons que le temps ne nous attend pas et que ce sera très difficile de perdre une année scolaire, sans nous battre, sans au moins essayer », tonne-Ndongo Diouf. Son camarade de renchérir : « un de nos soucis qu’on le dise ou pas est la motivation. Elle nous fait défaut actuellement. Bien que nous savons tous que notre Bac ne tient qu’à un fil, nous nous battons aussi contre nous-même pour retrouver notre entrain, notre enthousiasme et notre motivation du tout début »,dit-Assane Kamara remettant son masque en place. L’inactivité poussée a comme mouillé leurs ailes.
Le privé catholique, d’abord réticent à l’idée de cette reprise s’est finalement joint au reste des établissements de Dakar. Au collège Saint-Pierre Julien Eymard en tout cas, les élèves du Cm2 étaient en cours lors de notre passage. « Les enfants sont en classe actuellement. L’effectif est au complet, renseigne-Marie Thérèse Sarr, maîtresse dans le dit-établissement. Mais pour aujourd’hui, Marie Thérèse a ôté son boubou de maîtresse pour porter celui de chargé du lavage des mains des enfants. Une tâche qu’elle accomplit avec hargne car chaque individu qui entre dans l’école passe par cette case avant de pénétrer l’enceinte.
Seydou Nourou Tall aussi a répondu à l’appel du ministre de l’Enseignement. Dans les salles de classes, les voix des professeurs s’élèvent et retentissent dans la cour. Là-bas aussi, la vie a repris.

