Thierno Baye Diène correspondant Teranganews à Matam
La ville carrefour, poumon économique de la région de Matam reste foncièrement incommodée par le manque d’eau potable. Les populations font présentement face à une pénurie du liquide précieux qui dure depuis plus de 3 mois pour notamment les quartiers populeux des Mango. Une situation qui a poussé ces habitants à réclamer le départ du COPIFOR société en charge de l’exploitation de l’eau à Ourossogui.
« Nous n’en pouvons plus du calvaire que nous vivons depuis des mois » c’est le refrain entonné par les populations de ces quartiers situés au cœur de Ourossogui. Dans chaque recoin de ces habitations, à tout heure de la journée, femmes et jeunes garçons circulent bassines et bidons à la main à destination de lointains robinets. Le plus souvent, c’est autour des puits creusés dans quelques rares maisons qu’ils se retrouvent pour remplir leurs ustensiles.

Le collectif des jeunes pour la transparence et la citoyenneté ayant constaté le calvaire des populations qui semble sans fin, décide de porter le combat. Sous la houlette de son coordonnateur, Djiby Kame, le collectif organise une manifestation ponctuée par une rencontre avec la presse « Ourossogui a soif, déclare-t-il à la niche de journalistes devant lui, elle est confrontée à un manque criard d’eau. Cette pénurie vient s’ajouter à une longue liste comme le problème d’hygiène et on ne peut pas parler d’hygiène sans l’eau. D’ailleurs ça n’encourage pas la lutte contre la pandémie parce qu’on ne peut pas parler de lavage systématique des mains sans eau. On ne peut respecter la distanciation sociale sans eau car partout où il y a un point d’eau c’est une foule de jeunes et de femmes qui se regroupent à longueur de journée pour trouver le liquide précieux » poursuit-il.
En effet, en cette période de pandémie, la propreté permanente des mains est fortement recommandée. Une recommandation hors de portée des populations des quartiers Mango à cause des robinets qui sont restés des mois sans laisser couler la moindre goutte d’eau. Aicha Diaw, jeune dame, revenue vivre chez ses parents depuis quelques années confirme le calvaire des Mango qui résiste au temps « cela fait cinq années que je suis revenue vivre chez mes parents ici à Mango. Avant, je vivais au quartier Moderne. Mais je dois dire que depuis que je me suis installé ici, la fourniture de l’eau est aléatoire. C’est à des heures tardives que nous remplissons nos bidons et bassines au-delà de ces heures, il n y a plus d’eau. La situation s’est empirée ces 3 derniers moments. Nous restons des jours sans eau et on est donc obligé d’acheter de l’eau chez les talibés. Nous achetons ces bidons d’eau sans connaitre leur provenance. Nous consommons cet eau sans nous préoccuper de sa qualité » déplore-t-elle. Cette pénurie est incompatible avec les recommandations des autorités sanitaires « Si nous n’avons pas d’eau, comment allons-nous faire pour nettoyer nos toilettes ? Comment allons-nous laver les aliments que nous mangeons ? Comment allons-nous nous laver les mains constamment ? C’est impossible. Cette situation nous expose au corona virus et fait de nous des proies faciles à cette pandémie qui commence à gagner du terrain à Matam. »

Pour abréger le calvaire des populations, le collectif exige des solutions expéditives qui passent par la rupture du contrat avec le COPIFOR, (comité de pilotage des forages) « Nous exigeons immédiatement la fin du contrat avec le COPIFOR pour incompétence et incapacité de satisfaire la demande sociale. Ce bureau a fini de montrer toutes ses limites et son incapacité à assurer la production correcte et continue de l’eau. En temps normal, de 06 h du matin à 23 heures, les femmes sont en quête du liquide précieux. Ça suffit ! il est temps que le COPIFOR s’en aille. » Conclut Djiby Kame.

