De Youssouf DIMMA, correspondant TerangaNews à Ziguinchor
L’armée nationale a sorti la grande artillerie pour assurer la sécurité des populations qui souhaitent regagner leurs villages en Casamance. Des opérations de sécurisation qui se heurtent parfois à la résistance de bandes armées hostiles à la paix.
Depuis plusieurs jours maintenant l’armée mène des opérations de sécurisation des populations désireuses de retourner dans leurs villages abandonnés à cause du conflit qui existe en Casamance et ayant démarré le 26 décembre 1986. Dans l’arrondissement de Niaguis situé à l’Est de la capitale de la région sud du pays, plus particulièrement dans les communes d’Adéane et de Boutoupa Camaracounda, les villages de Bissine, Bissine Albondy, Diagnon, Bilass mais aussi une partie de la commune de Kaour (Singhère Diola) dans le département de Goudomp, région de Sédhiou, sont des théâtres desdites opérations, plus ou moins.

C’est d’ailleurs lors de ces opérations de sécurisation du retour des populations déplacées que des coups d’armes lourdes sont perceptibles jusque dans les quartiers périphériques sud de Ziguinchor, notamment Kandialang, Djibock et Alwar entre autres.
Mais depuis la mort de deux soldats ayant sauté sur une mine anti-char ce 15 juin, accident lors duquel deux autres soldats ont été grièvement blessés, ces opérations ont comme monté d’un cran. En effet, ce mardi 16 juin, le matin plusieurs coups intermittents d’armes lourdes ont été entendus à partir de Ziguinchor, en provenance de l’arrondissement de Niaguis. Cette fois-ci, les coups étaient si retentissants qu’ils ont été entendus jusque dans certains quartiers proches du centre-ville : Kandé, Kadior, Néma 2, Boucotte, Grand-Dakar, etc.

Pour rappel, le samedi 13 juin un véhicule militaire a sauté sur une mine anti-char dans le village de Leufeu, arrondissement de Sindian, faisant au moins 7 blessés dans les rangs de l’armée.
Dimanche 7 juin, un militaire a sauté sur une mine anti-personnel à Bissine Albondy.
Dans un communiqué rendu public ce 15 juin, l’armée a assuré que malgré ces incidents, « les opérations se poursuivent, conformément aux objectifs planifiés ».

