De Adama SENE TerangaNews Saint-Louis
Le Ramadan intervient dans une période très particulière de pandémie du COVID-19. Avec la difficile situation que traversent les sénégalais, de nombreux chefs de familles soutiennent que le jeûne 2020 est très différent de ceux des années précédentes en dépenses effectuées lors de la rupture du jeûne au coucher du soleil. Reportage dans les faubourgs de Sor d’Adama Faye…
Les effets négatifs de la pandémie du COVID-19 n’ont épargné aucun secteur professionnel et ont même affecté le coté spirituel des sénégalais. Le mois du Ramadan démarré depuis une dizaine de jours en est une parfaite illustration. Pourtant, ce mois béni de jeûne où il devait avoir moins de frais est paradoxalement considéré au Sénégal comme celui où les musulmans dépensent plus pour se nourrir.
Mais avec la coïncidence du Ramadan à la pandémie du coronavirus, les populations rencontrées sont unanimes que des changements notoires sont opérés pour pouvoir faire face aux difficultés du moment. A en croire certains d’entre eux, en période normale, les marchés de pains, de laits, de pâtisseries, de rafraîchissants et les grandes surfaces de la vieille cité grouillent de monde les après-midi.
Pourtant depuis le début du Ramadan, le décor aux alentours des marchés de la ville et supermarchés, a permis de constater que l’ambiance des années précédentes est différente de celle de 2020. Un masque blanc vissé sur le visage, un foulard bleu posé sur la tête, vêtue d’une robe longue et ample en wax, une dame d’une quarantaine d’années et de teint clair, descend d’un taxi pour faire quelques achats, nous dit-elle. « Le Ramadan 2020 restera gravé dans les annales de l’histoire du Sénégal. La tradition veut qu’à la rupture du jeûne qu’un succulent repas soit servi à la famille. Mais avec la situation du Covid-19 qui a bloqué tous les secteurs, la baisse des dépenses est inévitable. D’ailleurs depuis le début du Ramadan je ne fais plus de folles dépenses quotidiennes comme lors des années précédentes parce que c’est devenu presque insupportable pour les chefs de famille. Je suis persuadée que je ne suis pas seule dans cette décision» a expliqué Mme Diagne.
La « crise » est aussi durement ressentie par les petits vendeurs des marchés de la commune. C’est le cas des revendeurs de pains, de fruits et autres denrées alimentaires utilisées à la rupture du jeûne qui occupaient l’avenue Général Degaulle dans le faubourg de Sor en période de ramadan. «Qu’on le dise tout haut ou qu’on le chuchote, les populations sont très fatiguées. A cause de la pandémie, le maire a interdit les étals aux alentours du marché et de l’avenue. Pour avoir quelque chose à ramener à nos familles qui ne vivent que de ce petit commerce, ce sont d’éternelles courses-poursuites avec les agents de la mairie et les forces de l’ordre. Pire encore, les acheteurs se font désirer, même s’ils veulent, il n’y a pas d’argent. Comme nous sommes de croyants, on accepte la situation. Mais c’est le pire ramadan que nous avons vécu. Que Dieu nous débarrasse de cette maladie afin que les gens puissent reprendre convenablement leur travail et nourrir décemment leurs familles» a soutenu Daouda Gaye.

