L’Assemblée nationale tchadienne a adopté mardi à l’unanimité la nouvelle loi contre le terrorisme qui abolit la peine de mort, ainsi abrogeant totalement la peine de mort au Tchad.
La loi adoptée mardi a été transmise au bureau du parlement tchadien il y’a six mois par le gouvernement.
La peine de mort avait été réintroduite par une loi en 2015 pour punir le terrorisme. Cette loi a été votée après la série des attentats perpétrés, entre juin et juillet 2015, par le groupe terroriste Boko Haram dans la capitale tchadienne et qui avait fait 67 morts (dont 10 kamikazes) et 182 blessés.
Fin août 2015, dix membres de Boko Haram condamnés à mort sur la base de cette loi, avaient été exécutés.
Interrogé par la BBC, le ministre de la justice Djimet Arabi a indiqué que cette loi votée mardi a pour but « d’harmoniser la législation de son pays contre le terrorisme avec celles des pays membres du G5 Sahel qui ne prévoient pas la peine de mort pour les actes de terrorisme.
Djimet Arabi qui pense que « la peine de mort constitue une atteinte au droit à la vie »note que son pays est tenu de s’aligner à ce concept international majoritaire qui fait du Tchad dorénavant un état abolitionniste de la peine de mort.
Le garde des sceaux qui privilégie la condamnation à perpétuité pense que la peine de mort n’est pas dissuasive.
Pour les défenseurs des droits de l’homme, en plus d’être une surprise, cette décision est l’aboutissement d’un combat qu’ils pensaient perdu.
Ahmad Ibedou, secrétaire général de la convention tchadienne de défense des droits de l’homme, sur la BBC, note qu’il est très difficile pour eux d’encourager la peine ultime même si le condamné a ôté une vie. Selon lui la « vie humaine est sacrée ».
Le dernier mot revient au président Idriss Déby Itno, qui doit encore promulguer la mesure avant son entrée en vigueur.

