De Adama SENE, TerangaNews Saint-Louis
A l’instar de leurs collègues producteurs du riz, ceux s’activant dans la filière tomate dans la vallée veulent rendre le Sénégal auto-suffisant en tomate industrielle et en faire le plus grand producteur de la sous-région. C’est dans ce cadre qu’un système révolutionnaire d’irrigation de goutte à goutte avec la méthode « champs, école, producteurs », est testé dans quatre zones de la vallée du fleuve Sénégal où des rendements records de plus de 80 tonnes à l’hectare sont obtenus à Bokhol dans le département de Dagana.
Avec l’appui de leurs partenaires, les responsables du comité national de concertation sur la filière tomate industrielle ont démontré aux paysans qu’on peut booster les productions à l’hectare par de nouvelles techniques d’irrigation. A en croire le secrétaire général du comité, le système de goutte à goutte mis en œuvre, a la possibilité de tripler les rendements sur la même superficie. « L’ancien système d’irrigation a de nombreux inconvénients dans la culture. Car, il inonde le sol, alimente les mauvaises herbes et lessive le sol. Pire, il fait perdre aux producteurs du temps et de l’argent dans la lutte contre les mauvaises herbes par le désherbage ou par l’achat d’herbicides. Tout le contraire du système du goutte à goutte qui apporte de l’eau uniquement à la plante et évite ainsi l’alimentation des mauvaises herbes. D’ailleurs, ce sont ces techniques d’irrigation qui différencient nos producteurs à ceux de l’Europe avec des productions de plus de 100 tonnes à l’hectare », a expliqué-Mansour Camara. Raison pour laquelle, a-t-il ajouté, à la place des deux saisons annuelles, la filière s’est résolument engagée à accompagner les producteurs de tomate dans la mise en place de nouvelles techniques d’irrigation dont le système goutte à goutte.
Selon le secrétaire général du comité national de concertation de la filière tomate, les excellents résultats obtenus à Bokhol sous la supervision de la société Agroline, seront capitalisés. « Les rendements réalisés dans la phase test dans ce site sont estimés à près de 80 tonnes à l’hectare, ce qui est une performance extraordinaire comparée aux rendements obtenus dans certains pays Européens où la moyenne varie entre 80 et 120 tonnes à l’hectare. L’expérience de Bokhol sera capitalisée pour servir de référence pour la vulgarisation et la mise à l’échelle de cette nouvelle technique, plus rentable que le système classique d’irrigation avec des rendements qui dépassent rarement 20 à 30 tonnes à l’hectare », a signalé-M. Camara. Toutefois, le comité et les producteurs ont invité l’Etat et les partenaires à les accompagner davantage pour une plus large vulgarisation du système goutte à goutte qui de nombreux avantages, vu leurs moyens limités. A en croire le président de l’Union des producteurs de « Dasdé », dont les terres ont servi de cadre de test dans le département de Dagana, le système a beaucoup diminué le travail du producteur, qui n’a ni besoin de désherber ni de s’occuper de certains taches liées à l’irrigation du sol. « Avec les avantages que le goutte à goutte procure, on peut dire qu’il permet au paysan de vivre autrement de son métier », s’est réjoui-Moustapha Gueye.
Pour rappel la coordination du projet est confiée à la Saed avec l’appui des trois industriels (Agroline, Socas et Takamoul Food) qui interviennent dans la filière tomate. Dans l’expérimentation de la nouvelle technique d’irrigation, chaque industriel avait accompagné un site de production.

