Ghassan Salamé était le sixième envoyé spécial des Nations Unies en Libye depuis 2011, nommé au chevet d’un pays ravagé par le chaos post-Kadhafi et devenu la proie des convoitises des puissances régionales.
Ghassan Salamé jette l’éponge. Trop de pressions, d’impuissance et de cynisme dans cette crise libyenne dont il aurait rêvé être le pacificateur. Après plus de deux ans et demi de bons et loyaux services, le médiateur en chef de l’ONU sur la Libye a annoncé, lundi 2 mars 2020 , sa démission par un simple tweet en arabe, repris par Emédia, indiquant que sa « santé ne lui permettait plus le niveau de stress » requis par une mission éprouvante, sinon impossible. A l’âge de 69 ans, cet universitaire libanais brillant – il fut directeur de l’Ecole des affaires internationales de Sciences Po Paris – et ancien ministre de la culture (2000-2003) du gouvernement de Rafiq Hariri ne cachait plus sa lassitude.
Il trahissait un agacement de plus en plus ostensible de voir sa mission minée, moquée, torpillée non seulement de l’intérieur de la Libye, mais plus grave à l’extérieur du pays, y compris au sein même du Conseil de sécurité de l’ONU dont il relevait. « Un gâchis, s’attriste une source interne à l’ONU. Qu’on comprenne bien : il ne s’agit pas d’un échec personnel mais de la faillite de l’organisation onusienne, des Etats membres et des Libyens eux-mêmes. »

