De Youssouf DIMMA, Ziguinchor
La tête de liste nationale de la coalition Convergence Patriotique Kaddu Askan Wi a préféré son fief Ziguinchor, à Dakar pour tenir sa première conférence de presse, après avoir perdu le département de Ziguinchor aux dernières législatives, à l’issue desquelles il n’a obtenu que deux (2) députés au niveau national.
Face à la presse, et en présence d’une foule de militants dans la salle des délibérations de l’ancienne mairie de Ziguinchor, Abdoulaye Baldé a tiré un bilan partiel de leur premier engagement à des élections législatives en tant que parti politique. Selon lui, leur bilan national n’est pas mal puisqu’ils se sont classés 5ème ; mieux, s’ils poussent un peu la prochaine fois, ils peuvent être deuxième et si c’était des élections présidentielles, ils seraient qualifiés au second tour.
Mais le président de l’Union centriste du Sénégal n’a pas apprécié positivement le déroulement des élections législatives. Car, pour lui, « tout compte fait, force est de constater que l’avis partagé de tous les sénégalais sur l’organisation chaotique des élections a pesé sur l’issue du scrutin. »
Les excuses d’Abdoulaye Baldé
La tête de liste nationale de Kaddu Askan Wi a notamment expliqué qu’au niveau local, « en ce qui concerne notre coalition, force est de reconnaitre que, pour une première participation, nous n’avons pas pu atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés, par insuffisance de moyens financiers et logistiques, mais du fait des problèmes internes qu’on ne peut nier ».
Si bien qu’il en porte le chapeau avant de présenter ses excuses à ses militants et sympathisants. « J’avoue que mon absence durant toute la campagne à Ziguinchor où je n’ai séjourné qu’une journée et demie, (ce qui était au départ un choix stratégique de notre coalition nationale), a surement impacté négativement sur la dynamique locale et le moral des adhérents et sympathisants. J’en assume la pleine responsabilité et je m’en excuse sincèrement. Nous ne manquerons pas d’en tirer les leçons pour la prochaine fois » a-t-il déclaré.
Kaddu Askan Wi décide d’introduire un recours en annulation du scrutin en Côte d’Ivoire
Le président de l’UCS a informé que « le clou du flop électoral, c’était en Côte d’Ivoire où, non seulement le vote a connu de nombreux manquements dont l’insuffisance ou l’absence de bulletins de vote dans plusieurs bureaux et le démarrage tardif des opérations. A Abidjan, où seuls quatre bureaux ont fonctionné sur les 33. A Abobo, Port Bouet, Plateau, Attecoube, après plusieurs interruptions, annulations et reprises, le vote a recommencé à 18h et s ‘est achevé dans la confusion à 22h. Dans un tel cafouillage, le scrutin n’a pu démarrer que dans quatre des dix communes du district d’Abidjan ».
Et puis, a-t-il ajouté, « Faute de bulletins pour toutes les coalitions et partis, le vote a été annulé à Adjamé , Yopougon , Trecheville , Marcory et Koumassi. De nombreux incidents violents ont été signalés notamment à Yopougon où les urnes du bureau 01 ont été cassées. Quant à la situation dans les villes de provinces, le vote s ‘est déroulé malgré l’absence de bulletins de vote de nombreux partis ou coalitions. Dans les bureaux ayant voté à Abidjan, le taux de participation a rarement atteint 10% partout où le vote a eu lieu ».
En conséquence, la tête de liste nationale de Kaddu Askan Wi a promis que « face à tous ces manquements notre coalition a décidé d’introduire un recours avec Maitre Sally Mamadou THIAM et Maitre Pape Mamaille DIOCKOU, en annulation à l’instar du recours introduit par la coalition Benno Bokk Yaakar à Touba ».
Une main invisible à l’origine de l’échec ?
Analysant leurs résultats dans toutes les régions du Sénégal, de la Diaspora, de la Casamance naturelle et en particulier de Ziguinchor, Abdoulaye Baldé a indiqué « il est regrettable de constater que tout semblait être mis en œuvre pour que ceux qui avaient des ambitions présidentielles soient battus dans leurs fiefs, partout, avec des moyens/armes non conventionnels ».
Malgré cela, a-t-il poursuivi, « notre coalition dont la principale force dans le sud était constituée de la seule union centriste du Sénégal, à l’exception de Goudomp et de Ziguinchor, (le PSD/JANT BI polarise des sympathisants), nous avons pu tenir tête à trois fortes coalitions. Certaines composés de dizaines de partis ont déployé des moyens colossaux de toute sorte, en numéraires et en nature, avec une multitude de responsables dans tout le territoire Communal et Départemental. Dans la commune, notre coalition est classée deuxième avec 13527 voix contre 14311 voix par Benno, soit une différence de 393 voix ».
L’enseignement qu’il en tire est ceci : « il faut davantage resserrer les rangs, construire une solidarité agissante au sein de notre coalition et de notre parti cela, surtout, dans notre département. Il faut aussi continuer la massification et assurer une bonne formation à nos adhérentes et adhérents, de manière à maintenir le cap pour les échéances futures. »
Abdoulaye Baldé, le devin ?
Concluant son propos, le maire de Ziguinchor a prédit ceci : « nous aimerions dire aux Sénégalaises, aux Sénégalais et c’est cela notre conviction, qu’il ne faudrait pas s’attendre à une assemblée de rupture pour cette 13ème législature, car, comme pour la 12ème, l’opposition y constitue une minorité, soit 40 députés sur 165 ».
Répondant, sur un autre registre, aux questions des journalistes, Abdoulaye Baldé a déclaré que son échec aux législatives du 30 juillet dernier n’entravait en rien son ambition de se présenter à la prochaine élection présidentielle.

