De Adama SENE, Correspondant TerangaNews à Saint-Louis
La grève de 72 heures de l’union des mareyeurs du Sénégal est bien suivie dans la ville de Saint-Louis. Aucun camion frigorifique n’a pris départ depuis hier au quai de pêche de Guet-Ndar. Ainsi les mareyeurs ont mis en exécution leur menace de paralyser le secteur de la pêche si leurs préoccupations ne sont pas prises en compte par les autorités gouvernementales.
Au quai de pêche de Diamalaye, l’ambiance est morose, peu de mouvements entre les rives du fleuve qui servent de débarcadères et le quai. Par petits groupes des mareyeurs discutent de l’impact de la grève, les dockers et les talibés qui transportent le poisson des pirogues aux camions-frigos, se tournent les pouces tandis que les femmes vendeuses et les écailleuses de poissons jettent leur regard à l’horizon attendant désespérément l’arrivée des rares pirogues parties en mer. A en croire le responsable local de l’union nationale des mareyeurs du Sénégal, ce n’est pas de gaieté de cœur qu’ils arrêtent leur travail pendant 03 jours. « Les mareyeurs n’ont pas le choix parce que le système de pesage imposé par les autorités ne nous arrange pas et nous nous coûte cher. Nous avons demandé à l’Etat de revenir sur cette décision mais en vain. Après la grève, le syndicat va évaluer pour voir la suite à donner à la lutte », a soutenu-Ndiaya. Avant de déplorer les énormes pertes subies par toutes les parties prenantes. « La municipalité n’a pas encaissé de taxes, les fabriques de glace n’ont pas vendu, les femmes vendeuses et écailleuses, les dockers et autres acteurs qui s’activent au niveau du quai de pêche se tournent les pouces. Un dommage économique incalculable que les populations subissent à cause simplement de l’entêtement de notre gouvernement qui au lieu de négocier avec les syndicats majoritaires, s’est concerté avec des organisations minoritaires. Malheureusement voilà le résultat », a-t-il ajouté.
Mais la grève a aussi impacté les vendeuses de poisson et les populations. Sur les abords du quai, jadis très animé par les bruits des moteurs des camions frigos et des marchandages entre acheteuses et vendeuses sont quasi déserts. Les quelques poissons posés sur les étals ont vu leurs prix flambés. « Les prix sont chers parce qu’il n’y a pas de poisson. La majeure partie des pêcheurs de Saint-Louis n’ont pas pris le risque d’aller en mer à cause de la grève. Les rares pirogues qui débarquent, sont prises d’assaut par les vendeuses. Raison pour laquelle, la valeur du poisson est surévaluée et forcement elle sera répercutée sur les populations », a signalé-une dame.

