De Adama SENE, Correspondant TerangaNews à Saint-Louis
Après les opérations de démolitions du mois d’Octobre dernier, les autorités administratives et locales ont remis cela ce Mardi. Ce sont plusieurs dizaines de maisons habitées ou en finition qui ont reçu la visite des bulldozers envoyés par le gouverneur sous la supervision du préfet du département de Saint-Louis. Une scène insoutenable qui a été dénoncée jusqu’à la dernière énergie par les populations victimes.
Les propriétaires des maisons dans la zone comprise entre Ngalléle Nord extension et Bango-Sinthiane se sont encore réveillées dans la douleur et la tristesse. A en croire le porte-parole du collectif, c’est un abus de pouvoir et une violence morale que les autorités administratives exercent sur d’honnêtes citoyens. « Rien ne justifie ce que le gouverneur et le préfet font sur le site de de Ngalléle Nord extension et Bango-Sinthiane. Aucune décision de justice n’est rendue et pourtant nous avons porté l’affaire devant la justice. Pire aucune sommation ne nous a été servie. Mais malgré tout, ils utilisent la force publique et les deniers publics pour démolir des maisons bien habitées. Pourtant ce sont des pères de famille débrouillards qui se sont sacrifiés pour trouver où loger leurs familles. Malheureusement la loi du plus fort est venue anéantir toutes nos économies de plusieurs années. C’est anormal et injuste », a râlé Ibrahima Fall.
Pour lui, toutes ces démolitions sont guidées par la découverte du gaz à Saint-Louis et que beaucoup d’étrangers veulent y avoir du foncier. « La zone dont on veut nous déguerpir a été occupée depuis très longtemps, mais personne n’a jamais lève le plus petit doigt. Mais dès la découverte du gaz, des manœuvres inhumaines sont menées pour nous expulser de la zone afin de l’offrir à ces expatriés. De telles pratiques sont indignes dans un pays de droits et de démocratie », a-t-ajouté. Larmes aux yeux, voix tremblante, une mère de famille dont le bâtiment en voie de finition a été complètement rasé, enfonce le clou, « c’est une agression mortelle que nous subissons. Nos droits les plus élémentaires sont bafoués. On ne sait pas où aller avec nos familles jetées dans la rue par nos propres autorités, qui, pourtant devaient nous protéger » a fustigé Khady Bâ. Très amers, les victimes exhortent le Président de la République, les Khalifes généraux, l’Église et la société civile à réagir pour solutionner le problème avant qu’il ne soit trop tard. « Si on ne trouve pas rapidement des solutions et à l’arrêt des démolitions, l’irréparable peut se produire. Que personne ne vienne après pour dire qu’il n’était informé parce que nous n’allons plus l’accepter car trop, c’est trop », a martelé-Ibrahima Fall devant une foule de résidents complètement abattus par le déroulement des opérations.

