L’affaire du meurtre de Bineta Camara, tuée le 18 mai dernier chez elle à Tambacounda, refait surface. Le juge d’instruction a décidé de procéder à une reconstitution des faits ce mercredi 31 juillet 2019. L’annonce a été faite par l’avocat de la victime Me Moussa Sarr.
Arrêté et placé en garde à vue, Alioune Badara Fall, le présumé meurtrier, va être reconduit sur les lieux, la maison familiale, puis expliquer aux juges et aux enquêteurs comment il a procédé pour mettre fin à la vie de Bineta Camara.
A rappeler que le drame a eu lieu en plein ramadan et avait soulevé une vague d’indignation, à travers tout le pays.
Quand décide-t-on d’une reconstitution ?
Il s’agit d’un exercice difficile, parfois onéreux mais bien souvent incontournable pour connaître la vérité judiciaire…
La plupart du temps, le juge d’instruction est en possession de photographies prises par les policiers et versées au dossier judiciaire. Il va demander une reconstitution pour lever des doutes sur des questions techniques.
Que recherche-t-on chez les prévenus?
En premier lieu, une réaction. Le juge va pouvoir vérifier la thèse des uns et des autres. Les confronter et les mettre en contradiction. Les mis en cause, portés dans une situation qu’ils ont vécue ou confrontés à un lieu familier, vont être soumis à plusieurs chocs émotionnels. Ce sont des règles de psychologie sociale et de fonctionnement de la mémoire. Quelque chose peut resurgir ou bien à l’inverse, qui fait que des mis en cause se rétractent parfois.
Quoi qu’il arrive, une reconstitution permet au juge d’instruction de mettre un prévenu au pied du mur et de mettre ses déclarations à l’épreuve, en faisant émerger les contradictions.

