Alioune Badara Sall Teranganews Kedougou
La forte canicule qui sévit à Kedougou rend plus difficile le mois béni de ramadan. Une chaleur dont on ne s’habitue jamais, même ceux qui y habitent depuis des années. En cette période de Ramadan, il est encore plus difficile pour les jeûneurs de terminer la journée. Même se procurer de la glace à l’heure de la rupture relève d’un parcours du combattant aussi bien pour la distance que sur le prix à casquer pour en avoir.
C’est devenu un secret de polichinelle que d’affirmer qu’il fait chaud dans la région de Kédougou. La canicule semble être une étiquette collée à cette région. Durant le mois de Ramadan comme en temps normal, les sachets d’eau se vendent comme de petits pains. Une commerce qui rapporte énormément aux jeunes garçons comme filles pour le compte de leurs parents. En cette période, la glace est très prisée pour se rafraîchir après une journée de privation alimentaire.
Mariama ( nom d’emprunt) à peine arrivée de Kedougou, sa marchandise constituée de glace en grands et petits modèles, est prise d’assaut. Il était dix-sept heures passées lorsqu’elle ne lui en restait que deux morceaux de glace au prix de 500 Francs l’unité déjà vendus à des clients qu’elle attendait pour les leur remettre. Pour les nombreuses personnes qui étaient venues chercher de quoi se désaltérer, elles devront attendre les autres arrivages . Le sachet de glace, qui se vend à Dakar entre 75 et 100f, coûte ici 500 francs CFA. Malgré le prix exorbitant, avant même que le vendeur n’arrive au marché, certains ont déjà fait leurs commandes alors que d’autres se sont abonnés pour tout le mois de Ramadan.
Mariama, qui n’a pas bien chargé sa glaciaire en quittant Kedougou-ville, l’explique par le fait qu’«il n’y a pas assez d’eau et d’électricité, c’est pour cela que je n’ai pas amené beaucoup de sachets». Malgré tout, les véhicules arrivent au garage de cette grande commune transportant des récipients remplis de glace. Une bonne affirmé aussi pour les transporteurs qui effectuent ce trajet et qui gagnent plus avec l’acheminement des glaciaires que le transport des personnes.
En début de soirée, l’attente est longue et stressante.
« C’est là que s’arrête le car qui amène la glace » nous renseigne un agent de l’administration. « Chaque jour, j’achète trois sachets de glace de 500f , ce qui me revient à 1500f sans compter les autres dépenses » nous fait-il savoir. Pour lui, impossible de rompre le jeûne sans avoir de la glace.
Comme lui, plusieurs autres jeûneurs sont prêts à payer le prix pour se procurer d’une glace quelque soit le prix. Ce, pour se désaltérer après une journée de Ramadan ponctuée de chaleur accrue.

