«Au Sénégal, aucun parti ne peut gagner la présidentielle au premier tour ». Pour le professeur et analyste politique Ibrahima Sylla la question ne devrait même pas se poser. Ibrahima Sylla qui avait des ambitions présidentielles avant le vote du parrainage prend le contre-pied du premier ministre qui a accrédité de 54 % des voix à son leader.
« Macky avait 25% au premier tour en 2012, soit 700 mille voix. Serait-il capable de dépasser 1 million 700 mille voix que l’opposition lui avait apporté ? Il sait que c’est totalement que c’est impossible. Le premier ministre le fait-il pour préparer l’opinion ? Il sait qu’il a été trop loin dans la mal présidence à tel point qu’ils sont capables de mettre leurs vies sur la table car ils savent qu’au moment des règlements de compte on saura que le pays est mal gouverné durant ce septennat » a-t-il dit en marge des invités du mercredi ou il devait parlé de la démocratie sénégalaise.
A cet effet, bien qu’ayant réussi 2 alternances, le Sénégal n’est pas un pays démocrate selon le professeur Sylla. Qui note que la démocratie n’est qu’une « tromperie et une illusion ». « Quand on parle de démocratie, il faut une séparation des pouvoirs, la représentation, la participation et la délibération. Mais il y a une contradiction entre la définition et ce que l’on vit. Elle fait face à des manquements qui nous poussent à dire que nous ne sommes pas démocrates (…) Car les pouvoirs ne sont pas séparés. Dans les faits, il y a une dominance de l’exécutif. Cela risque de fausser la symphonie démocratique. Le Chef de l’Etat décide de tout ; Il a un pouvoir de vie et de mort sur tous les acteurs politiques. On a un monarque à la tête de l’Etat (…) qui peut envoyer des opposants en prison. Avec l’argent public et la force, il peut continuer à régner » a-t-il diagnostiqué le modèle sénégalais.
Et pour mériter le titre de pays démocratique, le professeur estime « qu’Il faut penser notre rapport aux politiques et à la politique. Il faut mettre l’humain au centre. Chaque élection depuis 1960, on parle de fichier avec la même classe politique qui se change éternellement. On nous inflige une classe politique à perpétuité. Il faut une nouvelle classe politique. Qui prend en compte les aspirations du peuple. Cette classe politique n’est là que pour ses intérêts. Ils ont acquis des milliards en entrant dans la fonction publique » a-t-il déclaré.

