De : Adama SENE, correspondant de Téranga News à Saint-Louis.
C’est la consternation au quartier Cité Niax dans le faubourg de Sor, suite au décès de deux jeunes talibés et à l’hospitalisation de trois autres enfants du daara d’Oustaz Diallo. L’un est mort avant son évacuation l’autre à l’hôpital.
Pour le moment on ignore l’origine des causes de décès de ces deux talibés. Seule l’enquête de police ouverte par le Commissariat central de la vieille ville, va permettre de déterminer les causes de décès de ces deux talibés.
Toutefois, à en croire, les premiers secours, avant leur évacuation à l’hôpital, les enfants se plaignaient de maux de ventre.
« Les enfants vivent dans de dures conditions. J’ignore ce qu’ils ont mangé ou bu, mais ils disaient tous mal au ventre. Je crois que si toutes les dispositions sanitaires étaient prises par le responsable des lieux, ce drame pouvait être évité. Les marabouts ne sont intéressés que par la recette journalière que leur apporte le talibé. Ils ne veillent jamais sur leur santé ou sur leur alimentation », a déploré une dame.
Le président des jeunes oustaz de Saint-Louis, Oustaz Alioune Blondin Béye, se dit meurtri par cet événement douloureux et invite les autorités à prendre leurs responsabilités pour mettre de l’ordre dans les daaras de fortune. «De quoi l’Etat a peur pour combattre l’implantation anarchique des daaras de fortune ? Tant que la loi n’est pas appliquée, des drames similaires seront toujours enregistrés. Des soi-disant marabouts venus d’ailleurs regroupent des vingtaines de talibés dans des conditions inhumaines et les utilisent à des fins mercantiles sans se soucier ni de leur santé, ni de leur hébergement et ni de leur nourriture. C’est désolant ce qui se passe dans les daaras informelles », a-t-il invité.
Pour le secrétaire général du cercle pour le retrait des enfants de la rue (Crer), « l’enseignement coranique ne rime pas forcément avec maltraitance. Le monde a évolué et les gens doivent suivre. Donc pourquoi certains serignes veulent-ils encore maintenir les daaras à l’étape de la première heure ? Il faut que les gouvernants les affrontent pour arrêter le massacre et réformer les daaras parce que cette situation ne peut éternellement continuer», a soutenu Oustaz Blondin Bèye.
Revenant sur le drame de la daara de Cité Niax, le président des jeunes oustaz de Saint-Louis, d’exhorter « les autorités judiciaires à aller jusqu’au bout de l’affaire, avant de formuler des prières pour les talibés décédés et à leurs parents ».

