Cinq squelettes dont trois adultes, un adolescent et un enfant, viennent d’être confirmées comme appartenant à l’espèce de l’homme moderne, Homo sapiens.Ce résultat est la conclusion d’une étude dirigée par une équipe internationale, constituée par le paléo-anthropologue français et Abdelouahed Ben-Ncer de l’Institut national d’archéologie et du patrimoine de Rabat. C’est au sud-ouest de Casablanca, dans une mine de barytine (sulfate de baryum), que ces restes sont associés à des outils de pierre et des restes de faunes.
« nous avons pu analyser de nombreux silex brûlés par la méthode de thermoluminescence, et avons obtenu, avec une grande surprise, des dates d’environ 300 000 ans, repoussant les origines de notre espèce de 100 000 ans », se souvient Jean-Jacques Hublin de l’Institut Max-Planck d’anthropologie évolutionnaire de Leipzig et du Collège de France, qui décrit les méthodes utilisées pour la datation.
Selon les résultats des analyses morphologiques par tomographie et reconstitution 3D « Les hommes de Jebel Irhoud possèdent à la fois une face et une denture modernes, et une boîte crânienne de grande taille avec une forme oblongue, des caractères archaïques », explique le chercheur.
« Nous montrons que la face humaine a acquis précocement ses caractéristiques modernes, mais que la forme du cerveau et possiblement ses fonctions ont continué à évoluer au sein de la lignée d’Homo sapiens », a ajouté Philipp Gunz, anthropologue à Leipzig.
« Ces résultats, précise Jean-Jacques Hublin, viennent conforter ceux de la paléo génétique chez les Néandertaliens, les Dénisoviens et les hommes modernes, qui montrent que dans notre lignée, une poignée de gènes a présidé au développement cérébral et à la connectivité du cerveau via une succession de mutations génétiques. »
Avec cette découverte, il est sans doute évident que l’Afrique consitue le berceau de l’humanité. « Nous avons pris l’habitude de penser que le berceau de l’humanité moderne peut être localisé en Afrique de l’Est, il y a 200 000 ans, mais nos travaux démontrent sans ambiguïté qu’Homo sapiens était probablement déjà présent sur l’ensemble du continent africain il y a 300 000 ans. Bien longtemps avant la sortie d’Afrique d’Homo sapiens, il y a eu une dispersion ancienne à l’intérieur de l’Afrique », déclare Jean-Jacques Hublin, de l’Institut Max-Planck d’anthropologie évolutionnaire de Leipzig et du Collège de France.

