Des habitants du Cap en Afrique du Sud sont toujours à la recherche du liquide précieux. Depuis que la sécheresse leur est tombée dessus il y a des mois, les autorités exhortent la population à limiter la consommation d’eau. Et cela, pour éviter le jour Zéro. C’est à dire, le jour où l’eau ne coulera plus des robinets, si la région ne connaît pas de pluies conséquentes. Cette date est fixée au 21 avril prochain. « Il est très probable » que les habitants se retrouveront sans eau à leurs robinets à partir du 21 avril, baptisé le « Jour Zéro », a prévenu Patricia de Lille, la maire de la ville.
La prestigieuse ville du Cap avait déjà limité sa consommation d’eau à 10 500 litres par foyer. La consommation de ce précieux liquide va crescendo.
Si les habitants ne respectent pas ces restrictions, et si la région n’enregistre pas de précipitations conséquentes, ils seront alors contraints de faire la queue à des points de distribution d’eau. Mais pour l’instant, à peine 30% des résidents respectent la limite fixée par la municipalité qui est : 87 litres d’eau par jour.
La maire a donc annoncé de nouvelles restrictions. A partir du 1er février, les habitants vont devoir se débrouiller avec 50 litres par jour, ou ils encourront le risque de devoir payer de fortes amendes.
« On a atteint un point de non retour », a déclaré jeudi 18 janvier la maire lors d’une conférence de presse au Cap. « La crise a atteint une gravité qui nécessite une nouvelle série de mesures d’urgence », a justifié Mme de Lille. « En dépit de notre insistance depuis des mois, 60% des habitants du Cap utilisent plus de 87 litres d’eau par jour. Nous devons assumer qu’ils ne changeront pas leur comportement », a-t-elle déploré.
A partir de février, les habitants devront donc limiter à 50 litres leur consommation quotidienne d’eau, contre 87 actuellement.
Le Cap en est à sa troisième année de sécheresse. Certains accusent le changement climatique. D’autres affirment que c’est la croissance de la population qui est responsable. Mais des experts estiment qu’une meilleure planification avec la construction, par exemple, de nouveaux barrages, aurait pu changer la donne.
La semaine prochaine, la municipalité doit annoncer les 200 points de collecte où les habitants pourront obtenir 25 litres d’eau par jour à compter du « Jour Zéro ».
Des usines de dessalement ont été installées pour épurer l’eau de mer à grands frais. Et les responsables politiques tentent de réfléchir sur comment partager l’eau entre les résidents les plus pauvres des townships, les fermiers, les hôtels et les habitants les plus riches du Cap, avec leurs pelouses et leurs piscines, grandes consommatrices de l’or bleu.
Très prisé des touristes, la ville est frappée depuis trois ans par une terrible sécheresse. Les barrages ne contiennent plus que 16% d’eau utilisable.
Toute l’Afrique australe a subi ces dernières années une très forte sécheresse, aggravée par le phénomène météorologique cyclique El Niño. Mais de très fortes pluies ces derniers mois ont permis à l’essentiel de la région de refaire ses précieuses réserves d’eau.
La région du Cap a toutefois fait exception, elle qui reçoit l’essentiel de ses précipitations de mai à août.

