Plus que 24h, et la foire internationale de Dakar fera son au revoir jusqu’à l’année prochaine. Pourtant, l’afflux n’est pas si important qu’elle aurait dû l’être. La plupart, viennent par groupe, attirés par l’on ne sait quel aura, jusqu’à emmener des nourrissons avec eux. Un groupe de femmes a laissé tout le monde bouche-bée. Toutes en jupes presque mini, rehaussé de talons, elles se dirigent d’un pas lent, comme pour étaler leurs charmes aux pavillons.
Comme pour chaque édition, certains articles sont plus prisés que d’autres. Cette édition coïncidant avec une période nous enveloppant de fraîcheur du matin au soir, justifient l’intérêt porté à leur endroit. Impossible de faire le tour des stands sans apercevoir des piles de vêtements, la plupart vestes, manteau, pull, tout pour tenir face à ce froid faisant frissonner. Pour Abou Diouf, rien ne l’explique à part que les sénégalais accordent de l’importance, parfois même beaucoup trop, au paraître. « Et cela fait notre compte, dit-il. Les clients sont assez exigeants par rapport à leur choix. Ils vous demandent des vestes très très très beaux, insiste-t-il comme si ce n’était pas seulement pour protéger le corps. »
Pour autant, le vendeur au pantalon déchiqueté et au bonnet des couleurs du Sénégal, confie une criante rareté de l’acte d’achat. « Ne vous trompez pas, nous dit-il, la plupart des gens que vous voyez défiler ne viennent que pour s’en mettre plein la vue. Ils peuvent marchander durant des heures, pour repartir comme ils étaient venus. »
A la foire, plus l’on avance, plus l’on lutte de toutes ses forces, à l’envie de se ruiner. Les belles choses, nécessaires surtout, n’y manquent pas.
L’Egypte, l’invité d’honneur, s’est largement démarqué de par ses expositions de meubles, typiquement artisanat égyptien. Leurs expositions ne passent pas du tout inaperçues, tout dans l’originalité et le savoir-faire. Abdel Fattah, l’un des exposants parle d’une occasion de montrer le savoir-faire égyptien. « Nous avons opté pour des salons égyptiens, des bibliothèques, enfin, tout pour habiller un espace familial, » dit-il brièvement afin de s’occuper d’un client visiblement sous le charme. Les prix de leurs marchandises varient entre 1 500 000, 300 000 à 500 000 FCFA. Abdel Fattah se dit conscient que ces prix ne sont guère accessibles à tout le monde, il affirme toutefois ne pas pouvoir faire de concession.
Intéressons-nous un peu aux personnes qui n’exposent pas vraiment, mais qui en retour profitent des faveurs de l’évènement.
La FIDAK permet aux entreprises d’étendre ou de renforcer des relations d’affaires entre les participants et l’accès à un sous marché régional de plus de 200 millions de consommateurs.
Cette foire des bonnes affaires, manifestation phare de l’Afrique de l’Ouest, cadre idéal de promotion des produits et services, de contacts d’affaires, d’échanges, et de recherche de partenaires commerciaux demeure l’un des plus grands rendez-vous économiques de l’Afrique, en général, et de la sous-région ouest africaine, en particulier.
La présence des vendeurs à chacune de ses éditions de plusieurs centaines d’entreprises publiques et privées de différents secteurs d’activités, provenant de tous les continents, présente un intérêt certain pour le développement des relations d’affaires. Ce qui nous emmène à nous pencher sur ceux-là qui bénéficient des faveurs de l’évènement sans en être exposant. Nous voulons parler des vendeurs de toutes sortes de choses, faisant le pied de grue à l’entrée, et au sortir de la foire. Leur système, héler et appâter les visiteurs de la foire. Tous, allant du vendeur d’eau, à celui de l’arachide, y puisent leur profit.
A l’image des exposants de la foire, Néné Dalanda Diallo, étale ses jouets sur une sorte de natte devant l’entrée. Attirant les visiteurs en leur distribuant de petits sourires, elle parvient à en avoir quelques-uns. Une dame, accompagnée de ses deux enfants s’arrête devant son étal. Les petits font leur choix, la dame s’attarde un court instant pour un bref marchandage, puis dégaine le portefeuille. « Avant la fin de la foire, j’écoulerai toute ma marchandise, dit-Dalanda un sourire de joie embellissant son visage. Personnellement j’y trouve mon compte, ma ngui sant Yallah bubax, » dit-elle. Dalanda l’explique par la simple raison qu’elle vend moins cher que les vendeurs de jouets de la foire.
En cela, elle rejoint l’avis du commun des sénégalais, attendant la dernière heure, pour prendre d’assaut la foire, prétextant que les prix seront mieux abordables.

