Au Nigeria, le nombre d’enfants touchés par le noma, une infection particulièrement grave qui s’attaque au visage et à la bouche, suscite de nouvelles inquiétudes. La maladie, qui peut entraîner d’importantes destructions des tissus et parfois la mort, frappe principalement les jeunes enfants vivant dans des conditions de grande pauvreté et de malnutrition.
Le noma débute généralement par une inflammation des gencives avant de progresser rapidement. En l’absence de prise en charge, l’infection peut détruire les tissus mous et les os du visage. Les enfants âgés de 2 à 6 ans figurent parmi les principales victimes. Un traitement précoce, reposant notamment sur des antibiotiques, des soins et une amélioration de l’alimentation, peut toutefois permettre d’éviter les complications les plus graves.
Dans le nord du pays, particulièrement affecté par les difficultés économiques et les violences armées, les professionnels de santé constatent davantage de cas. Beaucoup d’enfants arrivent cependant dans les structures spécialisées à un stade avancé de la maladie, notamment en raison d’un manque d’information sur ses premiers symptômes.
À Sokoto, l’un des principaux centres de prise en charge du noma au Nigeria, plus de 500 enfants provenant de différentes régions du nord du pays ont été soignés entre 2023 et 2025. Selon Africa, News , Médecins Sans frontières (MSF) y organise notamment des opérations reconstructrices gratuites pour les enfants dont l’état de santé permet une intervention.
Les données disponibles témoignent également de l’ampleur du phénomène. Une étude publiée dans The Lancet Global Health, basée sur les données du centre de Sokoto, a recensé plus de 50 000 cas dans douze États du nord du Nigeria entre 1999 et 2024. Les chercheurs ont par ailleurs observé une augmentation de l’incidence au cours de la période 2020-2024.
Classé par l’Organisation mondiale de la santé parmi les maladies tropicales négligées, le noma reste fortement associé à la pauvreté extrême, à la malnutrition et à des conditions de vie précaires. L’OMS estime que la maladie peut être largement évitée grâce à une détection et une prise en charge précoces.
Malgré les efforts des structures spécialisées et des organisations humanitaires, le Nigeria ne dispose actuellement que de deux hôpitaux spécialisés dans la prise en charge du noma, dont un établissement ouvert à Abuja en 2023. Les professionnels de santé appellent donc à renforcer la sensibilisation afin que les enfants concernés puissent être orientés plus rapidement vers les soins.
Genèse MOUKAHA

