Le président rwandais Paul Kagame a vivement critiqué les sanctions imposées par les États-Unis contre son pays, les qualifiant d’atteinte à la souveraineté du Rwanda. Dans un entretien accordé au magazine Jeune Afrique, il estime que ces mesures constituent des « insultes » adressées à son pays et dénonce la pression exercée par Washington sur Kigali.
Selon le chef de l’État rwandais, la communauté internationale adopterait une attitude plus conciliante envers la République démocratique du Congo, alors que le Rwanda ferait l’objet de critiques répétées. Il considère que ces sanctions et ces menaces ne permettent pas de résoudre la crise dans l’est de la RDC et qu’elles traduisent une approche déséquilibrée du conflit.
Ces tensions interviennent alors que Kigali et Kinshasa avaient signé en décembre dernier un accord de paix sous l’égide de États-Unis, dans l’espoir de mettre fin aux affrontements dans la région. Malgré cet engagement diplomatique, les combats se sont poursuivis sur le terrain, ravivant les accusations et les pressions internationales.
Washington reproche notamment au Rwanda de soutenir la rébellion du M23 active dans l’est congolais, une accusation que Kigali rejette régulièrement. Pour Paul Kagame, la position du Rwanda vise avant tout à défendre la sécurité nationale face aux groupes armés opérant dans cette zone instable.
Le président rwandais insiste ainsi sur la nécessité d’une approche plus équilibrée de la crise régionale, tout en réaffirmant que son pays n’acceptera pas de décisions ou de pressions qu’il considère comme injustes.
Genèse MOUKAHA

