Le Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique (MSHP) a publié, mercredi, un communiqué pour rassurer la population sénégalaise sur les mesures de prévention et de prise en charge du VIH/Sida, après une série d’interpellations liées à des cas présumés de transmission volontaire du virus.
Face à une inquiétude croissante dans l’opinion publique, les autorités sanitaires ont rappelé que le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) se transmet principalement par voie sexuelle, sanguine ou de la mère à l’enfant en l’absence de traitement. Le ministère a insisté sur l’importance de l’accès aux moyens de prévention, à des services de dépistage gratuits, volontaires et confidentiels, ainsi qu’à des traitements antirétroviraux universels.
Selon la communication officielle, près de 90 % des personnes vivant avec le VIH au Sénégal connaissent leur statut sérologique, et 92 % d’entre elles, grâce à un traitement efficace, ne transmettent plus le virus à leurs partenaires ou à leurs enfants, du fait d’une charge virale indétectable.
Ces précisions interviennent alors que douze personnes ont été interpellées entre le 4 et le 6 février à Keur Massar et Diamniadio, dans la banlieue de Dakar, dans le cadre d’une enquête pour transmission volontaire du VIH, mise en danger d’autrui et actes sexuels illégaux, a indiqué la Brigade de recherches locale. Parmi les personnes arrêtées, huit sont séropositives, deux sont en attente de confirmation médicale de leur statut, et quatre sont séronégatives. Tous auraient reconnu avoir entretenu des rapports non protégés malgré la connaissance de leur statut sérologique, selon les premiers éléments de l’enquête sécuritaire.
La loi sénégalaise relative à la prévention et au contrôle du VIH/Sida prévoit des peines de 5 à 10 ans d’emprisonnement, ainsi que des amendes pouvant aller de 2 à 5 millions de francs CFA pour toute personne sachant qu’elle est séropositive et qui transmet volontairement le virus.
Dans le même temps, les autorités ont évoqué des révélations concernant un réseau pédocriminel actif depuis plusieurs années, dans lequel des mineurs auraient été exploités une affaire distincte mais qui a alimenté les inquiétudes sociales.
Le journal de APA NEWS souligne que face à ces événements, le ministère de la Santé a appelé à la responsabilité collective et à la solidarité nationale, tout en soulignant la nécessité de lutter contre la stigmatisation des personnes vivant avec le VIH, qui pourrait compromettre l’accès aux soins, notamment pour les enfants et les adolescents.
Genèse MOUKAHA

