Alors que l’or flambe sur les marchés internationaux, atteignant des niveaux jamais vus avec une once dépassant les 3 300 dollars, les producteurs africains peinent à en tirer pleinement profit. Le continent représente environ un quart de la production mondiale avec plus de 900 tonnes extraites en 2024, mais la majorité des pays restent en marge des retombées économiques.
Le paradoxe s’explique par plusieurs facteurs : poids de l’exploitation artisanale non déclarée, forte présence des multinationales, manque d’infrastructures et instabilités politiques.
D’après le journal 360 Afrique, quelques pays tirent toutefois leur épingle du jeu. Le Ghana, premier producteur africain, a vu ses exportations bondir de plus de 50 % grâce à une politique stricte : interdiction des opérateurs étrangers dans l’orpaillage, création d’un monopole d’État pour les transactions, et mise en place d’une raffinerie nationale.
Au Mali, deuxième producteur, la réforme du code minier de 2023 a permis d’augmenter de plus de 50 % les recettes fiscales issues du secteur. L’or représente désormais 75 % des exportations du pays et près de 10 % du PIB.
Derrière ces deux locomotives, l’Afrique du Sud, le Burkina Faso, le Soudan ou encore la Guinée figurent parmi les grands producteurs, mais restent confrontés à la même difficulté : transformer cette richesse souterraine en véritable levier de développement.
Genèse MOUKAHA

