Les résultats du baccalauréat 2025 au Sénégal ont provoqué une onde de choc : moins d’un élève sur deux a réussi l’examen cette année. Sur plus de 166 000 inscrits, seuls 69 474 candidats ont obtenu leur diplôme, soit un taux de réussite global de 42,85 %. Ce chiffre marque une nette régression par rapport à l’année précédente, où la barre des 50 % avait été franchie.
Ce faible taux de réussite met en lumière les failles persistantes du système éducatif sénégalais. En particulier, les séries littéraires, où se concentrent la majorité des candidats, affichent des résultats préoccupants. La série L2, qui regroupait plus de 88 000 élèves, a vu son taux de réussite plafonner à 41 %. Les causes évoquées sont multiples : surcharge des programmes, orientation déséquilibrée des élèves, manque de ressources pédagogiques et difficultés d’encadrement.
D’après les informations du journal le 360 Afrique, pour les responsables éducatifs, cette situation est alarmante. Certains, comme des proviseurs ou responsables d’établissements, pointent la complexité des épreuves, notamment en mathématiques, qui auraient déstabilisé de nombreux candidats. D’autres soulignent le décalage entre les programmes scolaires actuels et les réalités pédagogiques, appelant à une réforme en profondeur des contenus enseignés.
En revanche, les séries scientifiques tirent mieux leur épingle du jeu. La série S1 enregistre un taux de réussite exceptionnel de 94 %, tandis que la S2 atteint 54 %. Cependant, les filières techniques et professionnelles restent à la traîne, avec des résultats toujours en dessous de la moyenne nationale.
Autre indicateur révélateur : le nombre de mentions “Très Bien” est extrêmement bas, avec seulement 139 élèves distingués à ce niveau, soit à peine 0,2 % des admis. Ce chiffre traduit, selon plusieurs enseignants, un affaiblissement général du niveau des élèves, mais aussi des difficultés structurelles plus profondes.
Face à ce constat, des voix s’élèvent pour appeler à un réinvestissement massif dans l’école publique. Il est question de renforcer la formation des enseignants, d’améliorer les infrastructures scolaires, de revoir l’orientation des élèves vers des filières plus adaptées à leurs profils, et de réformer les programmes devenus trop lourds et peu adaptés aux enjeux actuels.
Pour beaucoup d’acteurs du secteur, il devient urgent de replacer l’éducation de base au cœur des priorités nationales. Le bac 2025, par ses résultats décevants, sonne comme un signal d’alarme pour repenser en profondeur le modèle éducatif sénégalais.
Genèse MOUKAHA

