De Adama Séne correspondant de Teranganews à Saint-Louis
Rescapé du naufrage de leur pirogue qui devait les acheminer en Europe, Mady Dianfo raconte les minutes qui ont suivi le chavirement de l’embarcation et son arrivée sur la terre ferme sain et sauf.
“ Nous étions plus de trois cent personnes à bord de la pirogue, tous des migrants clandestins en quête d’une vie meilleure. Dans l’embarcation, il y avait des femmes et des enfants. Il y avait également plusieurs nationalités de la sous région. Nous avions pris tous les risques pour fuir la misère de nos pays d’origine et tenter notre chance en Europe. Mais le destin en a décidé autrement ce jour-là. Nous sommes partis de la mer de Joal depuis le Mercredi 21 Février dernier pour se rendre en Espagne. Lorsque nous sommes arrivés dans les eaux marocaines, nous nous sommes perdus. Ainsi, nous avons erré pendant plusieurs jours dans la mer avant que le capitaine de la pirogue ne se rechigne à prendre le chemin du retour. Au cours du voyage, nous avons connu quelques problèmes de cohabitation entre personnes venus de divers horizon mais aucune perte en vie humaine n’a été enregistrée dans la pirogue. Malheureusement, au retour le capitaine de l’embarcation a voulu accoster à Saint-Louis parce que la tension était tendue et la fatigue se lisait sur tous les visages. Mais à une certaine distance de la côte, des passagers ont commencé à se jeter dans l’eau et subitement tout le monde a voulu se sauver. Nous avons senti la pirogue chavirer sous nos pieds, le chaos s’est installé. En un moment , certains se sont accrochés à l’embarcation pour ne pas sombrer.
« Je me souviens des cris de détresse de mes compagnons d’infortune. J’ai cru que c’était la fin, que j’allais mourir noyé là, loin de ma famille, loin de tout ce que je connaissais. Heureusement, des secours sont arrivés à temps. Des sapeurs-pompiers nous ont repêchés, épuisés, mais en vie. Ils nous ont conduits à l’hôpital régional de Saint Louis, où nous avons reçu des soins d’urgence. Certains d’entre nous étaient blessés, d’autres étaient en état de choc.
Aujourd’hui, nous sommes reconnaissants d’être en vie. Nous sommes conscients de la chance que nous avons eue ce jour-là. Mais notre combat ne s’arrête pas là. Nous devons désormais reconstruire nos vies. Nous espérons que notre histoire servira d’avertissement à tous ceux qui tentent de traverser les eaux dangereuses de l’océan en quête d’une vie meilleure. Le prix à payer est souvent bien trop élevé”

