De Abdoulaye Faye, correspondant de Teranganews à Diourbel
Les habitants de Santhiane souffrent. Les populations de cette bourgade nichée sur l’axe Touba et Darou Salam a soif et interpellent les autorités à leur venir en aide afin qu’elles puissent avoir accès à cette ressource vitale.
Pénurie d’eau
Les populations de « Santhiane », localité nichée entre Mboussobé (Touba) et Darou Salam (Mbacké), vivent un véritable casse-tête. Localisé dans la commune de Touba mosquée, Santhianne vit depuis trois ans dans la tourmente à cause d’un manque d’eau potable profonde. Très remontés, les habitants sonnent l’alerte et invitent ainsi les autorités à réagir afin d’atténuer le calvaire.
Mère de famille et habitante de Santhianne, Maty Mbaye raconte le calvaire qu’elle et sa famille rencontrent pour trouver de l’eau potable. « Le manque d’eau que nous vivons est extrême. On ne peut pas avoir de l’eau convenablement depuis trois ans. Depuis tout ce temps, on ne fait qu’acheter de l’eau ou ceux sont nos enfants qui vont partir de loin pour puiser de l’eau. Parfois, ils arrivent même de tomber malade. Et qu’actuellement la situation économique du pays est très difficile. Chaque jour, j’achète plus 10 bouteilles d’eau de 20L et ça n’arrive pas à couvrir le besoin journalier de l’eau comme c’est une grande maison. Est-ce possible d’acheter 10 bouteilles de 20L chaque jour ? Chaque bouteille coûte 75Fcfa. On n’est trop fatigué de cette situation », a soutenu Maty Mbaye.
Sa voisine abonde dans le même sillage Sokhna Fatou Ngom ressent la même chose. Elle se lève chaque jour, vers 3 heures de matin pour trouver le liquide précieux afin de permettre à ses enfants, qui font la navette entre Touba et Mbacké à pied, de faire leurs toilettes pour se rendre à l’école et de faire la lessive encore mois la vaisselle. « La situation actuelle est extrêmement difficile. On arrive même à porter des habits sains. On n’est abimé. On ne peut pas laver le linge ni nous laver comme il se doit. Si on achète 10 bouteilles d’eau de 20L, le soir, une fois que les enfants descendent et se lavent l’eau est presque fini. On est obligé de réveiller le lendemain, tôt, vers 3 heures du matin avec tous les dangers pour chercher de l’eau. On ne parvient pas de dormir la nuit. Il y a un jour, on était allé se procurer de l’eau mais on s’était tombé sur un groupe de garçon et on a pris la fuite. On ne savait pas que si s’était des malfrats ou pas », peste-t-elle.
Mère de deux enfants, Awa Sarr, vit la même situation. Privé de l’eau depuis trois ans. Si elle veut faire la lessive, elle se déplace. « Nous et nos enfants en avons marre de la situation actuelle. Jusqu’à présent, je n’arrive pas à me laver. L’année d’avant jusqu’à présent on n’a pas accès à l’eau. Quand, on fait la lessive, on se déplace jusqu’au lieu où l’eau coule » a-t-elle affirmé.
Membre de l’association des habitants de cité Darou Salam, Matar Sylla, soutient que depuis plus de deux ans, il a tenté à plusieurs reprises de se rendre à Touba Ca Kanam et à Mawou Rahmati afin qu’une solution soit trouvée. « La problématique de la manque d’eau d’ici est très difficile et perdure. Depuis des années, on peine à avoir correctement de l’eau. Dès fois, il fait des va et viens. La dernière fois qu’on a eu accès à l’eau, ça date avant le ramadan passé et depuis on n’arrive pas à trouver une petite goutte d’eau. On a effectué plusieurs démarches. On était allé rencontrer l’association Touba Ca Kanam, de Mawou Rahmati et partout », a-t-il soutenu. « On nous avait dit que c’est le forage qui est en panne. Durant la période du grand magal de Touba, l’association Touba Ca Kanam avait déployé une équipe jusqu’au forage pour faire le constat en attestant qu’il n’y a rien de dommage sur la pompe mais jusqu’à présent, l’eau peine à couler. Maintenant, après le magal, on va chercher ce qui est à l’origine de ce problème. Après Touba ca Kanam, on était formulé une demande auprès de Mawou Rahmati. Mais depuis deux ans, il n’y a aucune suite favorable », a révélé Monsieur Sylla.
Face à la difficile situation qu’elles vivent, les populations interpellent les autorités.

