Les plaidoiries de la défense d’Abdel Aziz, ancien président de la Mauritanie de 2008/2019 ont débuté depuis lundi 30 octobre, en Mauritanie. L’ex président de la République sœur de Mauritanie est poursuivi pour entre autres enrichissement illicites, abus de pouvoir et blanchiment de capitaux
Les avocats de la défense, parmi leurs arguments, brandissent l’article 93 de la constitution mauritanienne qui selon ces derniers défend toute poursuite d’un président pour des actes commis durant l’exercice de son mandat, sauf cas exceptionnel.
« Cet article prévoit que le président de la République ne peut être jugé que pour haute trahison et que devant la Haute Cour de justice. Il ne peut pas être jugé dans un tribunal de droit commun. En dehors de ces conditions, il bénéficie de l’immunité absolue même après son mandat », souligne Maître Taleb Kyar, avocat du Collectif de défense de l’ancien président.
Un argument peu recevable, selon maitre Vadili Raiss, avocat de la partie civile. Selon lui, un ancien président peut être jugé après son mandat si les infractions reprochées sont détachables de sa fonction présidentielle: « L’article 93 couvre effectivement le président de la République dans le cadre de ses attributions, mais ce n’était pas un président au sens réel du terme. C’était un commerçant, quelqu’un qui faisait des crimes économiques, quelqu’un qui faisait du blanchiment et ça, ce n’est pas dans ses prérogatives. »
Les avocats de la défense dénoncent aussi un réquisitoire basé uniquement, selon eux, sur les auditions des témoins et non sur des documents officiels. En tout, onze avocats seront susceptibles de défendre l’ancien chef de l’Etat pendant la phase des plaidoiries.

