De Thierno Baye Diène correspondant de Teranganews à Matam
Les patriotes du département de Matam ont haussé le ton. Après plusieurs refus de marché, les partisans de Ousmane Sonko compte bien déchirer l’arrêté préfectoral de Matam qui interdirait le rassemblement du 24 juin prochain. Face à la presse, ce samedi, ils ont pris l’engagement de prendre en charge le logement de Me Ngagne Demba Touré, nouvellement affecté au tribunal de Matam.
« La coordination de Matam prendra en charge le logement de Ngagne Demba Touré. »
L’actualité des partisans de Ousmane Sonko est surtout marquée par la nouvelle de l’affection du greffier Ngagne Demba Touré au tribunal de grande instance de Matam. Cette décision du ministre de la justice, garde des sceaux, Me Madior Fall, que certains observateurs interprètent comme une façon de briser les ailes de l’un des jeunes cadres les plus en vue du Pastef. Mais pour les patriotes du département de Matam, l’arrivée de cette ponte du parti dans la région est une aubaine inespérée pour l’expansion du parti. Ils comptent lui dérouler le tapis rouge « Le patriote Ngagne Demba Touré sera très bien accueilli, il sera bien entretenu. Et toutes les conditions nécessaires réunies pour qu’il puisse faire son travail tranquillement mais qu’il puisse travailler aussi pour le parti. Son logement est déjà assuré à 100% par la coordination départementale de Matam et s’il lui faut une bonne sécurité, nous allons nous en charger. Pour eux, affecter Ngagne Demba à Matam est une sanction mais il sera accueilli comme un roi, ici », a renseigné Amadou Dia.
En d’autres termes, l’arrivée du jeune greffier dans la région estampillée « titre foncier de Macky Sall » est un pain béni pour les partisans de Ousmane Sonko vivant dans cette partie du pays. « Nous sommes d’une part très contents qu’un patriote de la dimension de Ngagne Demba Touré vienne nous retrouver ici dans la région, cela donnera un coup de boost à notre cause dans la localité. D’un autre côté, nous sommes chagrinés de constater que le gouvernement qui nous dirige est un gouvernement d’incompétents. Ils auraient dû laisser passer quelques jours pour camoufler leur forfait. Cette affection doit faire prendre conscience aux populations de Matam et de Kédougou que les gouvernants considèrent leurs terres comme un Lieu de purgation. Le message est clair : l’État veut garder ces régions dans la précarité pour qu’elles servent de sanction à tout fonctionnaire puni dans l’exercice de ses fonctions », a ajouté Malick Cissé.
Revenant sur la situation que vit leur leader, la coordination Pastef de Matam rassure « Ousmane Sonko n’est pas lâché par la région de Matam, c’est le message fort que la coordination départementale de Pastef/Matam a voulu porter lors de son face-à-face avec la presse, ce samedi, à Ourossogui. Sans la présence du coordinateur départemental, Banta Wagué et du responsable Cheikh Oumar Bass, candidat malheureux à la mairie de Ourossogui, les patriote africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef) du département de Matam ont exprimé un mécontentement généralisé suscité par la posture peu « républicaine » de l’actuel préfet de Matam, Souleymane Ndiaye. Ainsi, ils ne laisseront plus faire, il déchireront l’arrêté préfectoral du 24 juin si jamais leur mobilisation serait interdite. « On a trop observé, on a voulu être pacifiques jusqu’au bout mais trop, c’est trop. On alerte l’opinion nationale et internationale que la mobilisation aura lieu qu’il neige ou qu’il pleuve », tonna Amadou Dia, responsable Pastef à Ourossogui.
Conscient du contexte explosif, l’un des porte-paroles du jour de la coordination départementale demande aux chefs religieux de prendre leur bâton de pèlerin avant que la situation n’atteigne un point de non retour. « C’est l’occasion d’inviter l’ensemble de nos amortisseurs c’est-à-dire nos chefs religieux et coutumiers à s’exprimer. Nous sommes sur une pente dangereuse et il est encore temps de sauver le Sénégal, il est temps de prendre la grande initiative de sauver le Sénégal. Et nous espérons que cet appel lancé ne tombera pas dans l’oreille d’un sourd. Nous leur demandons solennellement de se démarquer de toute position partisane pour apporter la paix dont le Sénégal a toujours connu », ajouta-t-il. Pour El hadj Malick Cissé les autorités religieuses ne doivent plus garder le silence face aux « dérives » du pouvoir. « Nos chefs religieux sont plus puissants que les autorités politiques, nous leur demandons d’aller parler au président Macky Sall pour qu’il arrête son forcing. Tout le monde sait que ce dossier est un complot. On nous a toujours dit qu’il faut rendre la justice au nom du peuple mais aujourd’hui c’est ce même peuple qui ne veut pas de ce dossier parce que truffé de mensonges. Alors pourquoi vouloir instrumentaliser la justice » ? S’interroge le patriote.

