De Thierno Baye Diène correspondant de Teranganews à Matam
Les travailleurs affiliés au syndicat du SUTSAS de la région de Matam ont bien célébré la journée du 1er mai, maos de manière bien singulière. Ils ont, en effet, boycotté le rituel de remise du cahier de doléances au chef de l’exécutif régional, parce que soupçonnant l’administration d’être Complice dans l’affectation de leur secrétaire général régional, Mamadou Lamine Sano.
Le gouverneur de la région de Matam, Mouhamadou Moctar Watt, a passé une fête du travail des moins mouvementée. En outre des travailleurs de la Senelec, ceux du secteur de la santé affiliés au syndicat unique des travailleurs de la santé et de l’action sociale (SUTSAS), n’ont pas daigné se présenter devant le chef de l’administration régionale. Ils ont préféré se donner rendez-vous dans les locaux du centre hospitalier régional de Ourossogui pour faire face à la presse.
Arborant des brassards rouges, ils ont exprimé leur ferme volonté de ne pas lâcher le morceau dans l’affaire opposant leur secrétaire général, au directeur de l’hôpital éponyme, Ousmane Gueye. « Nous avons pris la décision de ne pas nous présenter devant le gouverneur car nous ne sommes pas dans les dispositions pour le faire. Pour déposer le cahier de doléances, il faut être dans certaines conditions minimales. Ce que nous avons remarqué est que les autorités régionales n’ont aucune considération pour les travailleurs de la santé. Voilà pourquoi nous faisons à la presse au lieu d’aller un mémorandum comme il est de coutume », explique Ass Thiam, l’adjoint au secrétaire général régional.
En effet, le bras de fer entre le directeur de l’hôpital et la structure syndicale remonte à plus de deux ans. Mamadou Lamine Sano avait exigé que la hausse appliquée sur les primes du directeur soit étendue à tous les autres travailleurs de l’hôpital. Une demande rejetée par le conseil d’administration rappelle l’infirmier chef de poste de Sinthiou Bamambé-Banadji. « C’est un directeur d’hôpital qu’on a affecté ici à Ourossogui en 2021 qui est la cause de tout ce désastre, rappelle l’adjoint du SG régional. Il a demandé et obtenu du conseil d’administration l’augmentation de ses primes. Notre secrétaire général, Mamadou Lamine Sano, a demandé que les primes des autres agents de l’hôpital soient aussi rehaussés. C’est cette revendication légitime qui lui a coûté son poste de chef de service des soins infirmiers.
Pour exprimer sa colère, le directeur de l’hôpital a décidé de l’enlever de son poste de chef de service des soins infirmiers pour le remplacer par un autre travailleur qui était en service dans une autre région. Et pour boucler la boucle, avec la complicité du ministère de la santé, il a été affecté à la région médicale de Dakar de manière totalement arbitraire. Mais nous continuerons à exprimer toute notre indignation face à cette injustice », martèle-il.

