Un peu plus d’une semaine après une attaque terroriste au nord de Ouahigouya, des troupes de la junte burkinabè d’Ibrahim Traoré ont répliqué en massacrant au moins 150 civils. Le procureur du Faso, qui évoque une soixantaine de victimes, a lancé un appel à témoins.
Environ 150 civils, selon un premier bilan recueilli auprès de sources locales, ont été exécutés par des forces de défense et de sécurité (FDS). «Une hécatombe», lâche un ressortissant de Karma, localité de moins de 400 habitants, où tout a commencé jeudi matin. «Aux environ de 7h30, des centaines d’hommes en tenue militaire ont encerclé le village qui s’étire sur plus de deux kilomètres. Les gens ont commencé à applaudir, car ils les considèrent comme des sauveurs. Mais ces soldats sont venus avec une mission que Dieu seul connaît, poursuit-il. Ils ont tué presque la moitié du village.»
Selon son récit, les habitants ont été regroupés dans les cours des concessions, avant d’être abattus «à bout portant» ou parfois dans leurs maisons, dont certaines ont été incendiées. D’autres ont été exécutés alors qu’ils étaient «en train de ramasser des mangues». Seuls quelques «militaires sensibles» ont tenté de protéger des villageois. Plus de 120 personnes ont péri selon lui, «dont des vieillards, des enfants et des femmes». D’autres proches de ces familles avancent un bilan approchant 200 morts. Contactées, les autorités burkinabè n’ont pour l’instant pas réagi.
Dimanche soir, dans un communique, Lamine Kaboré, Procureur du Faso, a indiqué qu’« une soixantaine de personnes auraient été tuées par des personnes arborant des tenues de nos forces armées nationales ». « Saisi de ces faits dont la gravité est avérée », il a « donné les instructions nécessaires (…) en vue de les élucider et d’interpeller toutes les personnes qui y sont impliquées ».
Le Procureur a lancé « un appel à toutes les personnes qui disposeraient d’informations sur ces faits » à « en faire la dénonciation ».

