Pour faire face à la crise de liquidité constatée sur le marché des Etats membres de L’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMAO), la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a décidé de surseoir de manière temporaire de certaines mesures de restrictions.
Cette tension se justifierait par le contexte du marché et les différentes politiques de relèvement du taux directeur à la Banque Centrale des États d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) pour maîtriser ou faire baisser l’inflation.
La Banque Centrale des États d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a annoncé la suspension de façon « temporaire de mesure interdisant à certains établissements de crédits de détenir des titres d’intérêts publics au delà d’une certaine proportion . »
Cette décision faite suite à la crise de liquidité monétaire constatée au niveau des Etats de l’UEMOA : « Les établissements de crédits sont autorisés temporairement a exclure les titres d’intérêts publics qu’ils détiennent dans leur portefeuille, du champs d’application de la norme prudentielle portant sur les prêts aux principaux actionnaires, aux dirigeants au personnels et au commissaire au compte, « a indiqué la Banque dans un communiqué publié le 11 avril.
En d’autres termes « les banques dont les Etats sont actionnaires , ont désormais plus de flexibilité pour contribuer au financement des politiques publiques à travers l’acquisition des titres publics que sont les dons et les obligations du trésor », a souligné le document.
Selon toujours la BCEAO, « cette décision devrait contribuer à atténuer la tension sur les liquidités observées actuellement sur le marché et qui empêche les Etats de mobiliser les ressources dont ils ont besoin pour financer leur déficit budgétaire. »
Pour la BCEAO, « cette situation de pénurie de liquidité doit être mise en relation avec le durcissement de la politique monétaire, menée par la Banque centrale en vue d’endiguer l’inflation. »
En effet depuis le début de cette année 2023, de nombreux pays de l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine rencontrent des difficultés à financer leur économie. En témoigne la situation des émissions de titres par adjudication par de nombreux pays sur le marché financier ces trois derniers mois dont plusieurs, non couvertes.
La situation s’est annoncée en janvier avec l’annulation d’une émission par le Burkina, le 18 janvier, jour de l’adjudication et trois émissions non couvertes sur 12, avec précisément le Togo le 13 janvier 2023 (87%) pour seulement 26 milliards FCFA de souscriptions recueillies, la Guinée Bissau le 24 janvier avec une couverture de 91% puis le Mali, 80% en dépit de ses coupons, 5,90% puis 6,20%, les plus élevés depuis le début de cette année et la découverte de nouveau gisement aurifère.

