De Youssouf DIMMA, correspondant de Teranganews à Ziguinchor
À Ziguinchor et à Bignona, des affrontements ont éclaté entre la police et des jeunes d’une part, entre la gendarmerie et des manifestants d’autre part dans la soirée du mercredi 15 mars 2023. Bilan ? Plusieurs blessés dont un homme d’un âge très avancé.
Plusieurs dizaines de personnes ont marché, aux sons du Diambadong et de sonorités réputées révolutionnaires de musiciens africains tel qu’entre autres Tiken Jah Fakoly, sur au moins une dizaine de kilomètres à travers les artères de la commune de Ziguinchor à l’appel du niveau national de la coalition Yewwi Askan Wi.
Quittant le quartier Lyndiane de Ziguinchor, les marcheurs sont passés par Néma, Grand-Dakar, Yamatogne, Boucotte, Belfort, Santhiaba, Escale, Kadior, etc. Ils portaient et déployaient des drapeaux aux couleurs nationales, des drapeaux blancs, des banderoles aux couleurs du parti Pastef/Les Patriotes, de Yewwi Askan Wi, mais aussi des pancartes aux inscriptions majoritairement politiques. C’est le cas d’inscriptions telles que : « nous exigeons toute la lumière sur la disparition de Didier Badji et la mort de Fulbert Sambou, jeunes du Sénégal mobilisons-nous pour aller nous inscrire massivement sur les listes électorales, libérez les otages politiques, non à l’instrumentalisation de la justice pour éliminer des adversaires politiques, non à une troisième candidature de Macky Sall en 2024 … »
Les marcheurs scandaient aussi des slogans hostiles au gouvernement et au président Macky Sall non sans entonner des chansons à la gloire de l’un de leurs leaders Ousmane Sonko.
La marche, qui a été autorisée par le préfet de Ziguinchor, a été encadrée de bout en bout par la police. Dans le même temps, plusieurs véhicules de la police et de l’administration utilisés pour la circonstance, avec plusieurs policiers, ont été stationnés à certains points stratégiques de la commune de Ziguinchor. C’est le cas des ronds-points Belal Ly, Jean-Paul II, Aline Sitoé Diatta, entre autres.
A noter que la procession n’est passée ni par le rond-point Jean-Paul II ni par la préfecture encore moins par la Gouvernance de Ziguinchor.
Toutefois, après la dispersion totale des marcheurs, des jeunes visiblement surexcités ont commencé à brûler des pneus sur un certain nombres de routes de la commune de Ziguinchor. C’est le cas notamment aux quartiers Lyndiane, Grand-Dakar, Néma, Djiringhor, etc. Voulant les disperser, la police a essuyé des jets de projectiles de la part des jeunes. Elle a évidemment réagi par des jets de grenades lacrymogènes..
Les affrontements se sont poursuivis entre la police et des jeunes qui ont continué à brûlé des pneus jusqu’au delà de 22h. Pis encore, ils ont étendu leurs actions aux quartiers Santhiaba et Belfort, notamment sur le Boulevard des 54 m.
Le même scénario s’est produit entre des manifestants et la gendarmerie dans la commune de Bignona, située à 30 km au nord de Ziguinchor.
Dans les deux communes, des blessés ont été signalés, confirmés par nos sources sécuritaires, sans qu’il soit possible d’en préciser le nom exact.
Toutefois à Bignona, un homme très âgé aurait été touché par un projectile d’origine indéterminée. Il a été pris en charge nuitamment. » Son pronostic vital n’était pas engagé », rassurent nos sources.

