De Youssouf DIMMA, Correspondant de Teranganews dans la région de Ziguinchor
La commémoration de la journée internationale des droits des femmes a lieu dans l’ensemble de la région de Ziguinchor. Les activités s’y rapportant sont très nombreuses, mais au-delà de son caractère purement festif constaté sur plusieurs lieux, la commémoration ayant eu lieu au centre culturel de Ziguinchor à l’initiative du Comité consultatif de la femme, aura insisté sur un certain nombre de droits des femmes voire des filles, ajoutés à la question de la paix en Casamance.
En effet, selon la coordinatrice dudit comité, Madame Ndèye-Marie Diédhiou Thiam, par ailleurs présidente de la Plateforme des femmes pour la paix en Casamance (PFPC), la journée du 8 mars 2023 a été pour les femmes de cette partie du pays, qui traverse une crise sociale depuis 1982, de « faire le bilan de toutes ces années de crise vécues en Casamance ».
Pour elle, « même si nous avons réfléchi sur le thème de cette année qui porte sur le digital, nous avons montré qu’il y avait d’autres chantiers qui sont là : c’est le cas de la modification de l’article 196 du code de la famille portant interdiction de la recherche de paternité qui est un grand combat que les femmes du Sénégal devraient mener pour sa modification ».
Faudrait-il le rappeler, l’article en question, en tant que disposition de la loi n° 72-61 du 12 juin 1972 portant code de la famille, modifié, prévoit que « l’établissement de la filiation paternelle est interdit à tout enfant qui n’est pas présumé issu du mariage de sa mère ou n’a pas été volontairement reconnu par son père…L’enfant dont la filiation paternelle n’a pu être établie peut toutefois obtenir des aliments par l’exercice de l’action prévue par les articles 215 à 218. »
La présidente de la plateforme des femmes pour la paix en Casamance a expliqué que « nous savons les souffrances des enfants par rapport à cette question de non reconnaissance de leur paternité ».
Sur la problématique de la crise en Casamance, Mme Thiam a indiqué que « non seulement après les acquis que nous avons eus pendant toutes ces années et que la paix est en train de s’installer notamment avec l’accalmie que nous vivons, mais aussi l’effort que les deux parties ont abattu à savoir l’Etat et le Mouvement des Forces Démocratiques de Casamance, nous, les femmes, avons le devoir d’accompagner cette dynamique pour aboutir à une paix définitive ».
Parlant des violences faites aux femmes dans la région naturelle de Casamance, Mme Thiam a révélé que « malgré tout le travail que les femmes ont abattu contre ces violences, nous avons accueilli cas cette année, 71 cas de violences faites aux femmes et aux filles, cela veut dire qu’il reste beaucoup à faire en Casamance ».
Concernant la difficulté des femmes de Casamance d’avoir leur autonomie économique alors qu’elles vivent dans l’une des régions les plus riches du pays, elle a notamment insisté sur le fait que « le manque d’accès au foncier qui est récurrent ici, et puis le conflit armé revient encore puisqu’il a beaucoup affaibli les femmes à tous les niveaux si bien que les femmes casamançaises jadis réputées pour leur indépendance économique, l’ont tout bonnement perdue ».
A noter que la journée internationale des doits de la femme, édition 2023, porte sur le thème : « pour un monde digital inclusif : innovations et technologies pour l’égalité des sexes ». Le sous-thème choisi par le Comité consultatif des femmes porte sur : « protection des femmes et des filles dans les espaces numériques ».

