De Amédine FAYE, correspondant Téranga News à Tambacounda
En début février, lors d’une rencontre à Thiès avec les professionnels des médias de la région, le ministre de la Communication, des Télécommunications et de l’Economie numérique Me Moussa Bocar Thiam a annoncé la tenue des assises nationales de la presse, sans avancer de date. L’Association régionale des journalistes de Kédougou apprécie cette initiative engagée par l’Etat.
« Ce sera une bonne chose, parce que ça nous permettra de nous exprimer devant tout le monde. L’Etat sera informé de tout ce qui passe dans les régions. Moi je pense que cette rencontre viendra à son heure [et] nous permettra de solutionner nos difficultés(…). Je pense que ça sera pour nous le dernier virage pour nous mettre dans de très bonnes conditions de travail », se réjouit, dans un entretien accordé à Téranga News/ Tamba, Soly Ibrahima Dabo, président de ladite association fondée en 2000 et comptant aujourd’hui une vingtaine de membres.
D’après Soly, journaliste et correspondant à Kédougou du groupe Walfadri(média privé, Dakar), ces difficultés auxquelles sont confrontés les acteurs des médias de sa région vont d’un manque d’appui matériel, financier à l’inaccessibilité de certaines localités, y compris la quasi-impossibilité de trouver un interlocuteur quand il s’agit d’informations relatives à la sécurité nationale.
Nul doute, les assises nationales de la presse feront partie des mesures déjà prises par les autorités pour améliorer l’environnement des médias. L’une de ces mesures est la carte nationale de la presse dont son entrée en vigueur est effective depuis le 1er décembre 2022.
Même s’il se convainc de son utilité, le président de l’Association régionale des journalistes de Kédougou estime que la carte, à elle seule, ne peut permettre un assainissement du secteur de la presse.
« (…) Je pense que les assises nous permettront de trouver les voies et moyens pour assainir ce métier. Ceux qui ont des radios privées ou des radios commerciales ne sont pas des journalistes. Ce sont des gens qui ont leur argent et se sont donnés à fond dans ce métier pour avoir une station [de radio]. Donc ce n’est pas une carte qui va assainir ce métier. Ce n’est pas possible », avance.
Réagissant sur la question des enseignants qui exercent la profession de journaliste, il semble plaider en leur faveur.
« Je pense que les enseignants qui ne sont pas craie en mains, évoluant dans des structures, on peut leur permettre de disposer de la carte nationale de presse », préconise Soly Ibrahima Dabo, suggérant de tenir des sessions de formation pour outiller davantage ces enseignants afin qu’ils puissent exercer convenablement le métier de journaliste.

