Le coordonnateur national du Cadre unitaire des syndicats des transports routiers du Sénégal, Ousseynou Karamba Goudiaby qualifie d’« erreurs » certaines des 22 mesures contre l’insécurité routière.
De Youssouf DIMMA, Correspondant de Teranganews dans la région de Ziguinchor
Parmi les vingt-deux (22) mesures, issues du conseil interministériel tenu le 9 janvier dernier à Diamniadio suite au carnage routier ayant eu lieu la veille dans le département de Kaffrine faisant 41 morts et 99 blessés, sont ni plus ni moins que des « erreurs ». C’est la qualification donnée par le coordonnateur national du cadre unitaire des syndicats de transports routiers du Sénégal, qui est monté au créneau à Bignona jeudi 12 janvier 2023.
En effet, Ousseynou Karamba Goudiaby, s’est prononcé en marge d’une rencontre de prières et d’invocations dédiée, à la gare routière de Bignona, par l’Imam Fansou Bodian, aux défunts du carnage en question. Selon lui, « je suis le coordonnateur national des syndicats des transports routiers du Sénégal, ce sont des secrétaires généraux qui m’ont confié ce poste. J’étais absent du territoire national puisque j’étais en Gambie lorsque ce conseil interministériel s’est tenu, mais j’y ai envoyé une délégation qui en est revenue quelque peu déçue ; franchement je considère que certaines des mesures prises comme étant des erreurs ; toutefois je comprends qu’elles ont été prises sous le coup de l’émotion qui s’est emparée de la nation entière suite cet accident tragique ».
Pour M. Goudiaby, « la mesure d’interdiction du porte-bagages n’est pas bonne car je ne peux pas comprendre que cette interdiction entre en vigueur immédiatement sans être assortie de la moindre mesure d’accompagnement d’une part, d’autre part une autre mauvaise mesure fait état de la visite technique qui ne peut désormais se faire qu’à Dakar alors que cette même visite technique fait perdre plusieurs jours de travail aux chauffeurs et transporteurs compte non tenu du carburant vainement consommé ».
Le coordonnateur national du cadre unitaire des syndicats des transports routiers du Sénégal a suggéré que les autorités « ne se précipitent pas et se départissent de l’émotion, si une catastrophe survient, le mieux c’est de s’y prendre avec mesure et sérénité : les chauffeurs sont des personnes humaines, des responsables de familles, ils ne sont pas des débiles mentaux. Mieux, cette catastrophe a emporté quatre chauffeurs et des apprentis qui, pourtant, font partie de la population ».

Selon Ousseynou Karamba Goudiaby, « il y a lieu de se rasseoir autour de la table et de prendre de nouvelles mesures qui puissent être exécutées par tout le monde, à défaut de quoi, je ne cautionne pas ces mesures et la manière dont elles ont été prises et ce que je dis n’engage que le syndicat des transports de proximité que je dirige et moi-même, cela n’engage pas le cadre unitaire des syndicats ».
Faudrait-il le dire, Ousseynou Karamba Goudiaby est par ailleurs le secrétaire général du syndicat national des transports de proximité (« Horaire »). A ce titre, il informe : « j’ai convoqué une rencontre nationale de notre syndicat ce 15 janvier à Rufisque. À l’issue de cette rencontre qui nous permettra d’apprécier l’ensemble des mesures interministérielles, nous dirons celles que nous pourrons appliquer et le reste, nous le rendrons à l’Etat ».
Quant à l’Imam Ratib de Bignona, El Hadji Cheikh Fansou Bodian, initiateur de prières et invocations, il a, dans la prise de parole, apprécié « la présence massive des fidèles musulmans venus de partout par leurs propres moyens ».
Les autorités administratives déconcentrées étaient également présentes à ces prières et invocations.

