De Thierno Baye Diéne correspondant de Teranganews à Matam
La commune de Ogo (département de Matam) qui a changé de maire aux dernières élections locales peine toujours à faire peau neuve. Un homme d’affaires immensément riche, Abou Diallo Balel, préside désormais aux destinées de cette localité. Une localité dépourvue d’éclairage public. En tout et pour tout, la grande bourgade ne compte que 4 lampes publiques qui s’allument la nuit.
En termes de superficie, Ogo est la commune la plus importante du département de Matam. Elle couvre une surface de 2685km2, soit (46%), presque la moitié de la superficie du département de Matam. Mais en termes d’infrastructures et de développement économique, Ogo traine à la queue du peloton. Pourtant, cette commune, avec ses 46 villages et hameaux, regorge d’hommes remarquablement nantis et de hauts cadres du régime en place dont le plus connu est Me Malick Sall ex ministre de la justice.

L’adage dit que « la nuit, tous les chats sont gris », mais à Ogo commune, les chats sont invisibles à cause d’une obscurité extrême. L’éclairage public y est inexistant. La nuit, ce village est totalement rayé de la carte de la région. Les voyageurs nocturnes le traversent dans le plus total anonymat. Le garage sis aux abords de la route nationale est dépourvu de lumière. Une situation propice pour les malfaiteurs d’autant plus que le garage est assez éloigné des habitations. « Il n’y a pas d’éclairage public à Ogo, toutes les rues sont noires. La situation est pire au garage, la bas il n y a aucune lumière et aucun poteau électrique. Quand tu quittes la nuit Ourossogui pour aller vers Kanel, quand tu arrives au garage de Ogo, tu as l’impression que tu entre dans un cimetière, tellement il y fait sombre », déploré ce jeune homme, élève en classe de terminale. Abondant dans le même sens, Oumar Sy ajoutera que les voyageurs nocturnes doivent affronter une obscurité terrifiante au moment d’atterrir au garage de Ogo. « Pour un voyageur qui débarque vers 2h du matin au garage, c’est extrêmement risqué, il encourt toutes sortes de danger. Il aura du mal à regagner sa maison à cause d’une obscurité effrayante », renchérit le jeune garçon.
La localité ne compte que 4 lampes publiques
Cette absence d’éclairage public continue de grossir le sentiment d’insécurité auprès des populations autochtones. « Nous sommes inquiets, s’emporta Abou Samba Ba, conseiller municipal. Toutes les rues sont sombres, il fait extrêmement noir, tu ne peux même pas sortir la nuit. Le problème d’insécurité se pose réellement et il est même accentué par le manque d’éclairage public. Chaque jour, nous notons des vols de bétail et des cas d’agression. Tout ça c’est à cause du manque d’éclairage public », fait savoir le bras droit de l’ancien maire de la commune, Amadou Kane Diallo.
Les populations ne dorment ainsi que d’un seul œil, les moutons et les chèvres qui errent dans les rues ne sont plus en sécurité à la tombée de la nuit. En effet, ce gros village, malgré son statut de chef-lieu de l’arrondissement de Ogo ne dispose en tout et pour tout que de 4 lampadaires opérationnelles. « Dans tout le village, il n y a que 4 lampes publiques qui s’allument et parfois elles ne s’allument même pas nous plongeant dans une grande obscurité », renseigne Siré Ba.
200 lampadaires seront installés dans la commune
La mairie de Ogo, dirigée par Abou Diallo Balel, richissime homme d’affaires installé au Gabon, annonce l’acquisition d’un lot de 200 lampadaires pour renforcer l’éclairage public dans les localités de la commune. Selon le secrétaire municipal « la mairie de Ogo va recevoir une dotation de 200 lampadaires pour toute la commune. Une équipe s’était même déployée dans les villages pour étudier les emplacements, c’est par la suite que nous avons remarqué que les 200 ne suffiront pas pour toute la commune. Nous avons ainsi fait une requête pour que le nombre de lampadaires alloué à la commune soit revu à la hausse. Je veux rassurer les populations en leur disant que les lampadaires seront bientôt installés », promet le secrétaire municipal

