« Le Brésil est prêt à reprendre son leadership dans la lutte contre la crise climatique (…) Le Brésil et la planète ont besoin d’une Amazonie en vie », a ajouté l’icône de la gauche dans son discours de victoire, alors que le président défait d’extrême droite Jair Bolsonaro s’est attiré les critiques de la communauté internationale pour la déforestation record de la plus grande forêt tropicale du monde sous son mandat.
« Aujourd’hui, nous disons au monde que le Brésil est de retour, il est trop grand pour être relégué à ce triste rôle de paria dans le monde », a-t-il ajouté tandis que le plus grand pays d’Amérique latine s’est isolé sur le plan diplomatique lors du mandat de Jair Bolsonaro.
Lula a aussi plaidé pour « un Brésil égalitaire, un Brésil pour tous, dont la priorité est donnée aux personnes qui en ont le plus besoin ».
« Notre engagement le plus urgent est d’éliminer à nouveau la faim » alors que 33 millions de Brésiliens sont en insécurité alimentaire, a-t-il souligné.
Jair Bolsonaro est le premier président se présentant à un second mandat à ne pas être réélu depuis le retour à la démocratie en 1985.
Sa réaction est très attendue: après avoir lancé des attaques incessantes contre le système « frauduleux » des urnes électroniques, il a affirmé vendredi: « celui qui a le plus de voix gagne. C’est la démocratie » — sans convaincre.
Quand il a voté dans la matinée, Lula a espéré que « le gouvernement (Bolsonaro) sera civilisé et comprendra qu’une saine transition est nécessaire ».
« J’espère que si je gagne l’élection, il aura un moment de sagesse et me téléphonera pour reconnaître le résultat », avait dit Lula lundi dernier.
Beaucoup craignent une réplique brésilienne de l’assaut du Capitole après la défaite de Donald Trump qui pourrait viser par exemple la Cour suprême si souvent vilipendée par Bolsonaro.
« Bolsonaro va remettre en question le résultat », estimait à la veille du scrutin Rogerio Dultra dos Santos, de l’Université fédérale de Fluminense.
L’ex-capitaine peut compter sur « l’appui de ses électeurs les plus radicalisés (…) et provoquer des troubles », selon l’analyste, qui voit mal toutefois les forces armées s’aventurer dans un coup de force et souligne que les institutions démocratiques sont solides.
Près de la célèbre plage de Copacabana, à Rio de Janeiro, Gustavo Souza, professeur d’éducation physique qui a voté pour Lula, s’est « un peu effrayé » à l’idée de troubles éventuels « Les gens sont devenus si radicaux », souffle-t-il.
Le président-élu Lula s’est dit «inquiet» du silence assourdissant de son adversaire, le président sortant Jair Bolsonaro, qui n’avait toujours pas reconnu sa défaite plus de cinq heures après le résultat. «Dans n’importe quel pays au monde, le candidat défait m’aurait déjà appelé pour reconnaître sa défaite. Il ne m’a toujours pas appelé, je ne sais pas s’il va appeler et s’il va reconnaître» sa défaite, a déclaré Lula s’adressant à ses partisans.

